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Rocabella, une résidence d’artistes dans un lieu unique près de Toulon

Ce lieu hors norme qui domine la Méditerranée accueille, depuis 2025, une soixantaine de pensionnaires pour des résidences de deux mois, centrées autour de la sculpture céramique, du cinéma, de la musique et de la bande dessinée. Visite.

Louane Lallemant
4 mars 2026
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La Rocabella.

© D.R.

La Rocabella.

© D.R.

Il faut prendre un chemin bordé d’arbres pour arriver devant le grand portail de la Rocabella, au Pradet, à quelques encâblures de Toulon. Cette résidence d’artistes, fondée par le philanthrope Jean-Baptiste Rudelle, fait face à la Méditerranée. Son bâtiment principal, une villa Belle Époque qui a donné son nom au lieu, a été construit en 1898 par Hans-Georg Tersling, architecte favori de l’impératrice Eugénie. Se déploie autour un immense terrain sur lequel plusieurs bâtiments sont installés, logements, salle de restauration, piscine et ateliers.

L’été, il est possible de privatiser les lieux ; l’hiver, ils accueillent des résidents. Le projet a démarré l’an dernier, quand Jean-Baptiste Rudelle a rencontré l’artiste et sculpteur Thomas Lévy. Un premier cycle de résidences a ainsi été lancé au printemps dernier : sculpture céramique d’abord, puis un programme pour les cheffes, une résidence de film documentaire, une autre de philosophie, et enfin, à l’été 2025, une résidence de bande dessinée. La volonté d’accueillir des artistes, nous explique le fondateur, s’inscrit dans « une tradition familiale » : son père était artiste peintre, et il a toujours vécu entouré d’œuvres. Ayant fait fortune dans l’industrie technologique, il veut désormais soutenir les artistes à son tour.

L'atelier de l'artiste Zéphir.

© Louane Lallemant

L’un des objectifs de Jean-Baptiste Rudelle est également de « changer des destins » : il veut que cette résidence puisse être un tournant dans la carrière des artistes. Tous peuvent profiter de ce cadre hors norme pour expérimenter des nouvelles techniques et avancer sur des projets personnels.

Cette année, quatre résidences sont mises en place simultanément : bande dessinée, film documentaire, musique et sculpture céramique. Le choix de ces disciplines, nous explique Jean-Baptiste Rudelle, est la conséquence « avant tout de rencontres ». Les résidences sont ainsi gérées par des coordinateurs et leurs associations, telle l’association Art up ! Thomas Lévy s’occupe ainsi de la sculpture et l’éditeur François Rissel de la bande dessinée. Les cofondatrices de l’association Mains à l’œuvre, Marie Bouadjenak et Clara Yvard, gèrent la résidence de film documentaire, et enfin Hélène Daccord et l’association Pax Musica s’occupent de la musique. Chacun s’emploie à choisir, accompagner et guider les artistes de sa section. L’objectif central de la démarche, qui détermine notamment le choix des résidents, est de « créer une communauté ». Les artistes avec lesquels nous avons pu échanger se réjouissent de l’ambiance sur place et entre eux. Une véritable synergie de groupe est née. Tout y concourt : à la Rocabella, les résidents prennent leurs repas en commun, travaillent ensemble, et s’entraident.

En tout, une soixantaine d’artistes sont accueillis cette année en trois sessions, chacune accueillant une vingtaine d’artistes durant deux mois. Cette période semble à Jean-Baptiste Rudelle « le bon équilibre, un temps suffisamment long pour mener à bien un projet, tout en restant un délai facile à bloquer pour les artistes ». Ces derniers y sont nourris, logés et blanchis sans autre contrepartie que la création d’une œuvre pour une exposition se tenant dans les lieux après les trois cycles de résidences. Cette année, ces œuvres doivent s’inscrire dans le thème des « gardiennes de la mer », choisi par Jean-Baptiste Rudelle, et doivent s’inspirer des deux engagements principaux du philanthrope et de sa Fondation : la protection des océans et celle des droits des femmes. L’exposition de restitution aura lieu, elle, du 1er au 3 mai 2026.

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Louane Lallemant