La publication fin janvier de millions de documents liés à l’affaire Epstein a révélé au grand jour les liens entre le milliardaire pédocriminel Jeffrey Epstein, mort en prison en 2019, et de nombreuses personnalités à l’échelle internationale. Le nom de l’ancien ministre de la Culture Jack Lang est ainsi ressorti 673 fois parmi les messages échangés au fil d’une correspondance de plusieurs années.
Sur la base de ces nouveaux « Epstein files », Mediapart a levé le voile sur les liens entre la famille Lang et le financier américain, notamment la création d’une société offshore en 2016, dans l’objectif d’investir dans les œuvres de jeunes artistes prometteurs.
Dans le tumulte depuis ces révélations, l’actuel président de l’Institut du monde arabe (IMA) s’est défendu dans les médias, affirmant être « blanc comme neige », malgré la multiplication des appels à la démission. Le 6 février, le parquet national financier (PNF) a confirmé l’ouverture d’une enquête préliminaire pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée » le visant ainsi que sa fille Caroline.
« Je propose de remettre ma démission lors d’un prochain conseil d’administration extraordinaire », a finalement écrit Jack Lang samedi 7 février, la veille de sa convocation au ministère des Affaires étrangères, autorité de tutelle de l’IMA. Une nouvelle présidence sera prochainement désignée par intérim. Jack Lang a assuré que l’enquête préliminaire permettrait de « faire toute la lumière sur des accusations portant atteinte à (sa) probité et à (son) honneur », et a indiqué qu’il collaborerait avec la justice.
À la tête de l’Institut du monde arabe depuis 2013, aujourd’hui âgé de 86 ans, Jack Lang quitte l’institution avant la fin de son quatrième mandat, éclaboussé par le scandale de l’affaire Epstein. L’ancien ministre de la Culture de François Mitterrand ne fêtera pas les 40 ans de l’IMA en novembre 2027. Il peut revendiquer d’avoir considérablement renforcé la visibilité de ce haut lieu dédié aux cultures arabes, notamment à travers des expositions qui ont marqué les esprits. Toutefois, l’IMA, créé en 1980 par un accord entre la France et 22 États arabes, « observe depuis quelques années un désengagement relatif des pays arabes dans ses projets », selon un rapport de la Cour des comptes publié le 9 décembre 2024, qui pointe par ailleurs « une gestion financière délicate », « un rôle diplomatique incertain », et un rayonnement « principalement parisien ». Un bilan contrasté.




