Le Centre Pompidou, dont le bâtiment emblématique a fermé ses portes au public depuis le 22 septembre 2025 pour un vaste chantier de rénovation jusqu’en 2030, multiplie les partenariats en France et à l’international dans le cadre de son programme « Constellation ». De 2026 à 2028, six projets seront ainsi développés dans autant de sites majeurs du réseau du Centre des monuments nationaux (CMN), avec pour ambition de « faire du patrimoine un espace vivant, ouvert aux regards et aux questionnements contemporains ». « En faisant dialoguer œuvres et lieux, le Centre Pompidou et le Centre des monuments nationaux révèlent des monuments ancrés dans la société d’aujourd’hui, porteurs des réflexions qui la traversent, précisent les deux institutions. Cette collaboration résonne tout particulièrement au moment où le Centre Pompidou s’apprête à entrer dans une nouvelle étape de son histoire, avec son inscription prochaine au titre des monuments historiques. »
Dès l’automne 2026, le Panthéon accueillera l’exposition pluridisciplinaire « Vies minuscules ». Empruntant son titre au remarquable livre de Pierre Michon, paru en 1984, dans lequel l’écrivain érige un tombeau poétique à huit inconnus, l’exposition réunira une trentaine d’artistes issus des collections du Centre Pompidou, de František Kupka (1871-1957) à Jumana Manna (née en 1987), traversant plus d’un siècle de création. « Au cœur du monument dédié aux grands hommes et grandes femmes de la nation, l’exposition reprend ce fil d’Ariane et interroge la manière dont l’art a su accueillir les vies reléguées aux marges de la grande histoire, témoigner pour leur part infime, intime ou infâme, et dresser à leur mémoire précaire des mausolées imposants ou fragiles », précisent ses organisateurs.
À cette occasion, Kapwani Kiwanga proposera une nouvelle version d’une pièce de la série Flowers for Africa et Adrianna Wallis de ses Lettres ordinaires. Sara Favriau et Adela Součková concevront chacune une œuvre spécifique. Concerts, performances, spectacles et lectures de texte, ainsi qu’un ensemble de projections associées dans les cinémas avoisinants accompagneront cette exposition dans le cadre d’un partenariat avec le Festival d’Automne à Paris.
Dans la région Centre-Val de Loire, une quinzaine de lieux accueilleront quant à eux une grande exposition consacrée à Alexander Calder pour célébrer le centenaire de l’arrivée du sculpteur américain en France en 1926 et dans le cadre de la 4e édition du Festival Ar(t]chipel : des monuments historiques emblématiques tels que le château de Chambord, le château d’Azay-le-Rideau, le château de Blois, mais aussi le musée des Beaux-Arts d’Orléans, le musée des Beaux-Arts de Tours, le musée des Beaux-Arts de Chartres, le musée de l’Hospice Saint-Roch à Issoudun et des centres d’art contemporain – le CCCOD à Tours, Les Tanneries d’Amilly, l’ar[T]senal de Dreux, l’Atelier Calder à Saché… L’artiste a longtemps vécu et travaillé dans ce village de Touraine, où son atelier est devenu une résidence d’artistes. En 1954, il s’installe d’abord dans la maison dite « François Ier », puis en 1963, dans le grand atelier qu’il construisit sur le site du Carroi surplombant la vallée de l’Indre. Ses Stabiles, sculptures monumentales composées de plaques de métal rivées entre elles, furent conçues et assemblées à Saché, en collaboration avec l’entreprise Biémont de Tours.
Le Centre Pompidou et le Centre des monuments nationaux dévoileront ultérieurement les noms des autres sites retenus dans le cadre de leur partenariat.




