La Brafa ne fait plus dans la demi-mesure. Pour sa 71e édition, la Foire bruxelloise affiche des chiffres record : 147 galeries participantes contre 130 l’an dernier, soit une progression de 13 %. Parmi elles, 24 nouvelles venues et 7 retours remarqués. « La Foire a grandi et certains doutaient que nous puissions la remplir avec des exposants de qualité, mais nous y sommes parvenus », se réjouit Klaas Muller, président de la Brafa depuis 2024. Cette expansion pourrait inquiéter les habitués d’une manifestation réputée pour son atmosphère intimiste, mais l’organisation assure avoir anticipé cet aspect en consacrant entièrement à l’art les palais 3 et 4 du site Brussels Expo, soit « notre capacité maximale », selon Klaas Muller. Et de préciser : « Il est toujours possible de parcourir la Foire en une journée. » L’objectif : offrir plus d’espace et de confort aux 72 000 visiteurs attendus, sans perdre cette convivialité qui fait l’ADN du Salon.
Une attention accrue au design
Si la Brafa a longtemps brillé par son choix de maîtres anciens et d’art contemporain, l’édition 2026 marque un tournant dans sa programmation. Le design, sous toutes ses formes, occupe désormais une place centrale. Sept nouvelles galeries spécialisées font en effet leur entrée dans cette discipline : les parisiennes Maisonjaune Studio et Pron, la néeerlandaise MassModernDesign (Rosendael), Laurent Schaubroeck (Gand), ainsi que les bruxelloises Haesaerts-le Grelle, Unforget Decorative Arts et Watteeu.
Le design brésilien est particulièrement à l’honneur : Laurent Schaubroeck présente un banc Mucki de Sergio Rodrigues de 3 mètres de long, réalisé sur mesure dans les années 1960 ; MassModernDesign expose des pièces emblématiques de Jorge Zalszupin ; tandis que la galerie Martins & Montero (Bruxelles et São Paulo) met en avant le travail de Lina Bo Bardi. « Depuis dix à vingt ans, l’intérêt pour le design de qualité ne cesse de croître, observe le président. La Brafa s’est longtemps concentrée sur l’Art nouveau et l’Art déco, mais s’ouvre désormais davantage au design des années 1950 à aujourd’hui. » La galerie Haesaerts-le Grelle consacre ainsi son stand à Gustave Serrurier-Bovy, figure pionnière du modernisme belge, avec notamment un banc bibliothèque vu en 1895 à l’exposition de La Libre Esthétique, à Bruxelles.

Le stand de la Nosbaum Reding Gallery à la Brafa Art Fair, en 2025.
Photo Brafa Art Fair
Des galeries réputées
Le retour d’enseignes françaises renommées est un autre signal fort de cette édition. Perrin (Paris), Alexis Bordes (Paris) et Franck Anelli (Crépy-en-Valois) reviennent après plusieurs années d’absence. « Ces galeries offrent une qualité remarquable et représentent un secteur dont nos visiteurs ressentaient le manque », explique Klaas Muller. Ce renforcement de la présence du mobilier et des tableaux anciens français, une section légèrement délaissée ces dernières années, est bienvenu. Les maîtres anciens restent en effet centraux dans la programmation : Arte-Fact Fine Art (Anvers), Pelgrims de Bigard (Grand-Bigard) et Carlucci Gallery (Rome) rejoignent les rangs, aux côtés de piliers comme De Jonckheere (Genève), Colnaghi (Londres, Bruxelles, Madrid) ou Jan Muller Antiques (Gand), lequel dévoile un triptyque flamand représentant la crucifixion, daté de 1500.
De plus, la Brafa peut compter sur l’arrivée de trois grands noms de la scène contemporaine : Almine Rech (Bruxelles, Paris, New York), Greta Meert (Bruxelles) et Martos Gallery. Cette dernière, basée à New York, déploie un solo show de Keith Haring, confirmant son expertise mondiale de l’artiste américain. « C’est une joie que ces galeries de réputation internationale nous fassent confiance », souligne le président de la Foire. La diversité géographique s’élargit également. Outre les traditionnels contingents belge (quelque 70 galeries) et français (42 galeries), l’événement accueille des participants venus du Portugal, du Brésil, des États-Unis et renforce sa présence italienne. La Fondation Roi Baudouin, invitée d’honneur pour ses 50 ans, occupe par ailleurs un stand agrandi. Elle y expose des acquisitions récentes et organise quotidiennement concerts, conférences et tables rondes dans un espace dédié, le KBF Forum. « Notre identité est notre force : ne surtout pas copier les autres », martèle Klaas Muller. Avec cette édition record, la Brafa confirme sa singularité dans le paysage des foires européennes : éclectique, exigeante et résolument belge.
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Brafa Art Fair, du 25 janvier au 1er février 2026, Brussels Expo, place de Belgique, 1, 1020 Bruxelles, Belgique.



