Les manifestations en Iran, qui ont débuté fin décembre dans un contexte de situation économique très dégradée, ont pris en janvier une ampleur inédite dans tout le pays pour réclamer la fin de la République islamique. En réaction à cette vague massive de protestation, le régime des Mollahs a coupé Internet, procédé à des arrestations et ordonné à la police de tirer à balle réelle dans la foule.
Le 14 janvier, l’ONG Iran Human Rights (IHR) évoquait un bilan d’au moins 3 428 manifestants tués dans 15 provinces du pays depuis le début des manifestations. Entre le 8 et le 12 janvier seulement, au moins 3 379 manifestants auraient péri, la plupart âgés de moins de 30 ans.
Artists at Risk Connection (ARC) a rapporté le 13 janvier la mort d’au moins quatre artistes, visés par les forces de police. Dans un communiqué, l’ONG déclare : « Artists at Risk Connection (ARC) condamne fermement les meurtres d’artistes commis par la police et les milices en Iran, dans le contexte des manifestations populaires qui ont éclaté dans tout le pays le 28 décembre 2025. Malgré les restrictions sévères imposées à l’information, notamment la coupure d’Internet et des réseaux mobiles par le gouvernement, des organisations de défense des droits humains et des médias internationaux crédibles rapportent que des milliers de civils ont été tués. »
Parmi les victimes, précise l’ARC, figurent le sculpteur Mehdi Salahshour, abattu par les forces gouvernementales iraniennes lors des manifestations à Mashhad le 8 janvier ; le cinéaste Javad Ganji, tué dans le quartier de Sadeghiyeh à Téhéran le 9 janvier ; la créatrice de mode et étudiante Rubina Aminian, abattue d’une balle dans la tête à bout portant par-derrière après avoir quitté l’université pour rejoindre ses camarades lors d’une manifestation le 8 janvier ; l’artiste hip-hop Soroush Soleimani, visé par les forces gouvernementales lors d’une manifestation le 3 janvier dans sa ville natale de Hafshejan.
Le cinéaste iranien Jafar Panahi, emprisonné par le passé en Iran et lauréat de la Palme d’or au Festival de Cannes en 2025 pour son film Un simple accident, a publié le 8 janvier sur son compte Instagram une déclaration signée par 184 cinéastes iraniens condamnant la répression des manifestations et le meurtre de manifestants par le gouvernement, et réitérant la défense de la liberté d’expression.




