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Bill Pallot et Bruno Desnoues condamnés pour avoir fabriqué de faux sièges

Neuf ans après les faits, le tribunal correctionnel de Pontoise a prononcé, le 11 juin, des peines d’emprisonnement avec sursis et amendes contre le spécialiste du mobilier français du XVIIIe siècle et son complice ébéniste.

Stéphane Renault
13 juin 2025
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Bill Pallot. D.R.

Bill Pallot. D.R.

Surnommé dans le métier le « Père La Chaise », Bill Pallot, expert mondialement reconnu, auteur de L’Art du siège en France au XVIIIe siècle (ACR-Gismondi Éditeurs, Paris, 1987), a longtemps été « l’oracle pour les conservateurs de musées soucieux de sécuriser leurs acquisitions », écrit Harry Bellet, notre confrère du service culture du Monde, dans la dernière édition de son ouvrage Faussaires illustres (Actes Sud, Paris, 2025). Au moment de la parution, n’ayant pas été jugé, il était, ainsi que les autres protagonistes de l’affaire des faux meubles de Versailles, présumé innocent, prend soin de préciser l’auteur, qui décrit le spécialiste en « dandy, propriétaire d’une Porsche customisée par Vasarely, vêtu de costumes trois-pièces dont il choisit la doublure – rarement discrète mais toujours d’un goût parfait –, cheveux mi-longs et regard souvent malicieux derrière de petites lunettes ».

Le tribunal correctionnel de Pontoise (Val-d’Oise) a condamné, ce 11 juin, le spécialiste du mobilier français du XVIIIe siècle à quatre ans d’emprisonnement, dont quatre mois ferme, et à une amende de 200 000 euros. Interpellé le 7 juin 2016 à son domicile du 8e arrondissement parisien, mis en examen pour « blanchiment aggravé, escroquerie en bande organisée et recel » avant de passer quatre mois de préventive derrière les barreaux, il ne retournera pas en prison. En revanche, il lui est interdit d’exercer la fonction d’expert pendant cinq ans.

L’ébéniste Bruno Desnoues, son complice menuisier du faubourg Saint-Antoine à Paris, meilleur ouvrier de France, a été condamné à une peine de trois ans d’emprisonnement, dont quatre mois ferme (également déjà effectués en détention provisoire), et 100 000 euros d’amende.

S’y ajoutent le versement de dommages et intérêts aux victimes, soit 150 000 euros au château de Versailles, 420 000 euros à Sotheby’s et 530 000 euros à la famille Guerrand-Hermès pour la chaise signée Georges Jacob du cabinet de la Méridienne de Marie-Antoinette à Versailles, acquise en 2008.

Les deux prévenus, qui comparaissaient en avril devant le tribunal, avaient reconnu avoir fabriqué sept sièges royaux, prétendument authentiques, acquis via des galeries – dont la maison Kraemer, relaxée – par le château de Versailles, la famille Guerrand-Hermès et le frère de l’émir du Qatar. Le duo aurait touché près de 1,2 million d’euros de commissions sur la revente de ces faux.

« Je suis satisfait que mon appartement ne soit pas saisi, contre l’avis du procureur, et soulagé de ne pas retourner en prison où j’ai déjà passé quatre mois en détention provisoire, a déclaré Bill Pallot. C’était important aussi que le tribunal reconnaisse la responsabilité partielle de Versailles, l’obligeant ainsi à rembourser solidairement avec moi et Desnoues, 25 % de la bergère de Séné. Je suis en revanche déçu pour Sotheby’s alors que je m’étais bien défendu en expliquant tous les manquements de leur expertise. Ne pas exercer mon métier est un coup dur, je dois des sommes importantes », rapporte Le Figaro, qui ajoute que l’expert « doit décider ces jours-ci, avec ses avocats, s’il fera appel ».

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