Le Mensuel
Newsletter
Abonnements
Le Mensuel
Newsletter
L'actualité des galeries
L'éditorial de la semaine
Expositions
Marché de l'art
Musées et institutions
Politique culturelle
Livres
L'actualité des galeries
L'éditorial de la semaine
Expositions
Marché de l'art
Musées et institutions
Politique culturelle
Livres
Chronique
Opinion

De profundis. Pauline Oliveros ou l'art d'écouter

L’exposition « Un·Tuning Together » présentée au centre d’art Bétonsalon, à Paris, accueille différentes interventions dialoguant avec les œuvres et la pratique de la pionnière de la musique électroacoustique.

Béatrice Gross
26 octobre 2023
Partagez
Vue de l’exposition « Un·Tuning Together. Pratiquer l’écoute avec Pauline Oliveros » à Bétonsalon, Paris, 2023. Au premier plan : Konstantinos Kyriakopoulos, à droite, Elios, 2023, techniques mixtes; à gauche, Tosca, 2023, techniques mixtes. Au mur : Pauline Oliveros, Méditations sonores et Deep Listening, 1971–1980, partitions. © Bétonsalon – centre d’art et de recherche, Paris. Photo Objets Pointus

Vue de l’exposition « Un·Tuning Together. Pratiquer l’écoute avec Pauline Oliveros » à Bétonsalon, Paris, 2023. Au premier plan : Konstantinos Kyriakopoulos, à droite, Elios, 2023, techniques mixtes; à gauche, Tosca, 2023, techniques mixtes. Au mur : Pauline Oliveros, Méditations sonores et Deep Listening, 1971–1980, partitions. © Bétonsalon – centre d’art et de recherche, Paris. Photo Objets Pointus

Cela aura sans doute été l’un des rares bienfaits des périodes de confinement : la mise à l’arrêt d’une large part des activités humaines a permis aux environnements urbains de s’adoucir. Et si ce calme nouveau a pu rendre certains et certaines plus sensibles aux bruits de voisinage, il a aussi été l’occasion pour « des sonorités agréables et apaisantes, jusqu’alors masquées, comme le chant des oiseaux ou le bruissement des feuilles dans les arbres [d’]être redécouvertes par une grande partie des citadins », comme l’observe un rapport du Conseil national du bruit publié fin 2020.

Pauline Oliveros conçoit l’écoute comme une pratique active qui engage les individus au plus profond de leur être.


Dans le cas de Pauline Oliveros (1932-2016), compositrice, musicienne et éducatrice féministe nord-américaine, c’est l’enregistrement avec un magnétophone des bruits de la rue à San Francisco en 1958 qui agit comme une révélation. La bande magnétique avait fixé des sons qu’elle n’avait pas su saisir à l’oreille, par simple manque d’attention.

ÉCOUTE PROFONDE

Pauline Oliveros conçoit alors l’écoute comme une pratique active qui engage les individus au plus profond de leur être. Celle-ci formalisera son approche singulière avec la notion de Deep Listening. Alliant enjeux esthétique, éthique, politique et thérapeutique, ses œuvres pour orchestre aussi bien que ses exercices collectifs visent à prendre pleine conscience de nos environnements acoustiques et des hiérarchies qu’ils impliquent. Selon la musicienne, l’écoute profonde constitue « le fondement d’une matrice sociale radicalement transformée ».
Deuxième volet d’une exposition présentée à l’été 2023 au musée d’Art de Joliette, au Québec, « Un·Tuning Together » rassemble au centre d’art et de recherche parisien Bétonsalon une quinzaine d’œuvres de cette pionnière de la musique électroacoustique et fondatrice du ♀ Ensemble. Un dispositif créé par Konstantinos Kyriakopoulos permet de donner corps à la présentation des œuvres sonores et textuelles de Pauline Oliveros, ainsi que d’accueillir les différent·es intervenant·es de ce projet-choral. Aux côtés de pièces pour instruments, telle l’émouvante To Valerie Solanas and Marylin Monroe in Recognition of Their Desperation (1970), un ensemble de Sonic Meditations incluses sous forme graphique seront aussi expérimentées collectivement à travers des séances de travail et des activations publiques guidées par une dizaine d’artistes invité·es.
Lauren Tortil, par exemple, a proposé – en amont de l’exposition – Pour une pluie désordonnée, une croisière sonore le long du canal Saint-Martin inspirée d’Environmental Dialogue de Pauline Oliveros. Partant de Lullaby for Daisy, Violaine Lochu tire quant à elle Système/Berceuse, une performance prévue le 4 novembre 2023. Quelques jours plus tard suivront des ateliers de méditation sonore et d’hypnose de groupe organisés par Julia E. Dyck, autre héritière des « stratégies attentionnelles » de la compositrice américaine. Autant d’occasions de faire ensemble, dans les deux sens du terme : comme groupe social et formation musicale temporaires qui font la part belle à la communication et à l’improvisation.
-

« Un·Tuning Together. Pratiquer l’écoute avec Pauline Oliveiros », 20 septembre-2 décembre 2023, Bétonsalon, 9, esplanade Pierre Vidal-
Naquet, 75013 Paris.

ChroniqueArt et féminismePauline OliverosBétonsalon - Centre d’art et de recherche
Partagez
Abonnez-vous à la Newsletter
Informations
À propos du groupe The Art Newspaper
Contacts
Politique de confidentialité
Publications affiliées
Cookies
Publicité
Suivez-nous
Instagram
Bluesky
LinkedIn
Facebook
X
Ce contenu est soumis à droit d'auteurs et copyrights

À lire également

ChroniqueOpinion
21 novembre 2025

Écouter les couleurs, voir les mélodies

L’exposition dédiée à Vassily Kandinsky, à la Philarmonie de Paris, et le solo show de Gabriel Orozco, à la galerie Chantal Crousel, à Paris, mettent en évidence le rôle de la musique dans le processus créatif des artistes.

Béatrice Gross
PerspectivesOpinion
5 septembre 2019

Performance et musée : préserver le vivant

Depuis quelques années, la performance est entrée au musée, entraînant avec elle un certain nombre de questions et de réflexions inédites.

Béatrice Gross
ExpositionsOpinion
11 septembre 2025

Dessins à danser

À travers l’exposition « Chorégraphies. Dessiner, danser (XVIIe-XXIe siècle) », le musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon se fait l’écho d’un programme de recherche au long cours consacré aux arts de la notation chorégraphique.

Béatrice Gross
ChroniqueOpinion
6 janvier 2026

Architecture souple et héritage précolombien

Deux expositions, l’une de Sheila Hicks, l’autre sur Anni Albers, rappellent l’importance des civilisations mésoaméricaines dans l’histoire des arts textiles.

Béatrice Gross