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Critique

Une machine à écrire musicale et démocratique

Formée à la performance et aux arts vivants, installée entre Sydney et Paris, Angelica Mesiti présente le projet vidéo ASSEMBLY, avec la commissaire Juliana Engberg.

Camille Viéville
24 août 2019
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À la croisée de la performance, de la vidéo et de l’installation, Angelica Mesiti sonde depuis plusieurs années le langage non-verbal, ainsi que les potentialités de la traduction et ses limites, à travers notamment la musique, la danse, la langue des signes ou le morse. Autant de biais qui révèlent, non sans quelque résonance politique, la nécessité mais aussi la puissance d’un dialogue universel. Pour le Pavillon australien, elle a imaginé, avec la commissaire Juliana Engberg, ASSEMBLY, une installation composée de trois écrans dans un amphithéâtre à l’acoustique immersive. À l’origine du projet, l’achat, dans une brocante romaine, d’une sténotype dotée d’un clavier semblable à celui d’un piano, inventée en 1863 par Antonio Michela Zucco. Elle découvre que cette étrange machine à écrire aux allures d’instrument de musique, la Michela, est employée par le Sénat italien depuis plus d’un siècle pour la retranscription fidèle de ses débats. L’artiste, fascinée par l’objet et son rôle dans le processus démocratique local, décide de l’utiliser pour traduire en musique un poème de l’auteur australien David Malouf sur la perte de l’arabe, la langue de ses ancêtres libanais. Poem to Be Written in Another Tongue est donc transposé, pendant sa prise en sténo, en notation musicale grâce à un logiciel informatique.

À partir de ce matériau singulier, Angelica Mesiti charge le compositeur Max Lyandvert d’écrire une partition. Pour les vidéos d’ASSEMBLY, son interprétation est confiée à une quarantaine de musiciens de traditions très diverses et diffu-sée de façon simultanée, comme si ces musiciens étaient en réalité les membres d’un unique orchestre, invitant à l’écoute d’une polyphonie tantôt discordante, tantôt harmonieuse. Pour développer la dimension visuelle de l’œuvre et en collaboration avec la danseuse Deborah Brown, Angelica Mesiti a également créé une chorégraphie, inspirée des gestes des participants aux mouvements de protestation Occupy ou Nuit debout, gestes qui permettent d’intervenir dans les débats sans couper la parole aux orateurs. Avec cette proposition, elle livre sa vision de la société australienne, aux origines multiculturelles et à l’histoire particulièrement complexe, et questionne les mécanismes du processus démocratique. Se dessine aussi dans l’entremêlement des différents films une réflexion sur l’urgence actuelle à se rassembler.

« ASSEMBLY », Pavillon australien, Giardini

ExpositionsArt ContemporainBiennale de Venise
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