Le 1er décembre 2026, Artcurial mettra aux enchères à Paris près de 200 lots issus de la collection de Marie-Claude Beaud (1946-2024), figure majeure du monde de l’art contemporain et personnalité qui a profondément marqué le paysage muséal européen. Bien davantage qu’un ensemble d’œuvres, cette vente dessine, comme le souligne Artcurial, le portrait intime d’une femme dont toute la carrière fut placée sous le signe de la curiosité, de la liberté et du dialogue avec les artistes.
Première directrice de la Fondation Cartier pour l’art contemporain – située alors à Jouy-en-Josas, dans les Yvelines – dès sa création en 1984, Marie-Claude Beaud participe à définir l’identité singulière de cette institution pionnière du mécénat privé. Sa vision repose sur une conviction forte : l’art doit se découvrir dans un esprit d’ouverture, affranchi des frontières entre disciplines et générations. Elle poursuit cette ambition au Mudam Luxembourg, puis au Nouveau Musée National de Monaco, qu’elle dirige à partir de 2009. Dès 2005, elle avait rejoint la Fondation Prince Pierre, à l’invitation de S.A.R. la Princesse de Hanovre.
Constituée au fil des rencontres, des expositions et des amitiés, sa collection témoigne de cette proximité exceptionnelle avec la création de son temps. Certaines œuvres lui ont été offertes, d’autres acquises au gré de ses découvertes. Toutes racontent une histoire personnelle, faite de fidélités artistiques et de coups de cœur, sans souci de classification ni de hiérarchie.

Alighiero Boetti, Sans titre, technique, broderie sur toile tendue sur bois.
© Artcurial
Parmi les pièces phares de la vente figure Insecte (1955) de César, estimé de 20 000 à 30 000 euros, qui renvoie symboliquement à l’inauguration de la Fondation Cartier en 1984 avec l’exposition consacrée aux Fers de l’artiste. Plusieurs créations de Shiro Kuramata évoquent l’exposition que Marie-Claude Beaud lui consacra au musée des Arts décoratifs de Paris en 1998. Un vase de Grayson Perry, estimé entre 30 000 et 50 000 euros, fait quant à lui écho à l’exposition « My Civilisation », présentée au Mudam Luxembourg en 2008.
La sélection réunit également une toile libre de Jean Degottex, ST-Toile Report (1977), estimée de 15 000 à 25 000 euros, en souvenir de l’exposition « Trois villes, trois collections », focus sur Grenoble, Saint-Étienne et Marseille, dont elle fut cocommissaire en 1977 alors qu’elle dirigeait le Musée de Grenoble, où elle a commencé sa carrière en 1968. Fait aussi partie de la vente une broderie d’Alighiero Boetti, estimée entre 50 000 et 70 000 euros. De Raymond Hains à Jean-Michel Othoniel, l’ensemble révèle l’étendue de ses affinités artistiques.
« Sa curiosité, insatiable, se joue des époques, des disciplines et des hiérarchies, faisant dialoguer avec une égale évidence des univers que rien, parfois, ne semblait devoir réunir. Car chez Marie-Claude, l’art n’a jamais été affaire de frontières ni même de collection : il est une manière d’être au monde, une présence de chaque instant », écrit la princesse de Hanovre dans le catalogue de la vente.




