La National Gallery de Londres consacrera à l’automne 2027 la plus importante exposition jamais organisée autour de l’œuvre de Piero della Francesca, figure majeure de la Renaissance italienne (2 octobre 2027-30 janvier 2028).
L’exposition réunira quelque 25 peintures et manuscrits, dont le célèbre Diptyque des ducs d’Urbino, représentant Federico da Montefeltro et Battista Sforza (vers 1472), prêté par la Galerie des Offices de Florence ; l’intégralité du Retable de Pérouse (1468), conservé à la Galerie nationale de l’Ombrie ; ainsi que La Vierge à l’Enfant trônant avec quatre anges(vers 1460-1470), provenant du Clark Art Institute de Williamstown, dans le Massachusetts.
Trois chefs-d’œuvre des collections de la National Gallery seront au cœur du parcours : Le Baptême du Christ (vers 1437-1445), Saint Michel (1469) et La Nativité (début des années 1480). Une installation numérique permettra également de découvrir le cycle de fresques de La Légende de la Vraie Croix, conservé dans la chapelle Bacci de la basilique San Francesco, à Arezzo.
« En identifiant les fondements de l’art de Piero, autrement dit ce qui fait toute sa singularité, l’exposition s’articulera autour de six composantes étroitement liées : la couleur, le dessin, l’espace, la perspective, la narration et la lumière », indique un communiqué du musée.

Piero della Francesca, Le Baptême du Christ, probablement vers 1437-1445. Photo The National Gallery, Londres.
L’année dernière, trois artistes avaient choisi Le Baptême du Christ (1437-1445) parmi leurs œuvres préférées des collections de la National Gallery pour l’ouvrage The National Gallery : Paintings, People, Portraits, publié chez Taschen. David Hockney, disparu en juin 2026, le qualifiait de « tableau véritablement magnifique ». Pour le sculpteur Antony Gormley, son immobilité suggère « un autre monde, libéré de la douleur et de l’incertitude ». Quant à Alvaro Barrington, artiste né au Venezuela et installé à Londres, il déclarait : « Le Baptême du Christ possède un équilibre qui invite le regard et le corps au repos, à l’immobilité, tout en permettant à l’œil de parcourir la peinture sans effort. »
Peintre, mais aussi théoricien des mathématiques, Piero della Francesca fut l’un des premiers artistes à rédiger un traité sur la perspective, De prospectiva pingendi (De la perspective en peinture, vers 1474). Il y explique notamment les procédés permettant de créer l’illusion de la profondeur sur une surface plane et s’intéresse également à la représentation des visages.
En 2018, le musée de l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg, avait déjà consacré une exposition à Piero della Francesca. Avec onze œuvres réunies, elle constituait alors la plus importante présentation jamais organisée de son corpus.
L’exposition londonienne sera placée sous le commissariat conjoint de Laura Llewellyn, conservatrice des peintures italiennes antérieures à 1500 à la National Gallery, et de Machtelt Brüggen Israëls, du Rijksmuseum et de l’université d’Amsterdam. Elle bénéficiera notamment du soutien de la banque Intesa Sanpaolo et du philanthrope John J. Studzinski.



