Simon Hantaï chez Drouot Estimations
Drouot Estimations disperse cinq toiles de Simon Hantaï, toutes passées par la Galerie Jean Fournier. Né la même année que le peintre, en 1922, l’ancien libraire de l’avenue Kléber, devenu l’un des plus fameux galeristes de son temps, rencontre Simon Hantaï en 1955, au lendemain de sa rupture avec André Breton. Il l’expose sans discontinuer jusqu’aux Tabulas lilas de 1982, avant que l’artiste ne se retire de la scène artistique et du marché de l’art. L’ensemble couvre trois périodes importantes de l’œuvre de l’artiste : trois peintures ont été réalisées entre 1956 et 1957 et sont fortement influencées par Georges Mathieu et Jackson Pollock (estimation à partir de 50 000-70 000 euros). Un tableau de la série Meun de 1967 (197 x 187 cm, est. 200 000-300 000 euros) relève d’une nouvelle étape dans l’exploration du pliage de la toile. Sans titre, daté de 1970, reprend le procédé des Études où « la toile est pliée uniformément et recouverte d’une seule couleur » et témoigne de la maturité de sa démarche picturale (122,5 x 97 cm, est. 120 000 à 150 000 euros).
« Art du XXe siècle, contemporain et design », mercredi 14 octobre 2026, Drouot Estimations, Hôtel Drouot, 75009 Paris, www.drouot-estimations.com

Amrita Sher-Gil, Nature morte au pichet et aux fruits, 1932, huile sur panneau. Courtesy Jack-Philippe Ruellan
Amrita Sher-Gil chez Ruellan
Amrita Sher-Gil est une artiste rare sur le marché : l’Archaeological Survey of India l’a classée parmi les neuf « National Art Treasure », équivalent du trésor national. Par conséquent, ses œuvres présentes en Inde ne peuvent pas quitter le territoire. En mars dernier, en pleine crise du détroit d’Ormuz, le ministère indien de la Culture a bloqué le transport d’une soixantaine de ses peintures prêtées par la National Gallery of Modern Art de New Delhi pour l’exposition « Amrita Sher-Gil – Europe belongs to Picasso, India belongs to me » organisée par le Drents Museum d’Assen (Pays-Bas).
Ici, Nature morte au pichet et aux fruits (1932, huile sur panneau) date de ses études à l’École des Beaux-Arts de Paris, dans l’atelier de Lucien Simon, et provient de la collection d’Odette Duval-Dovillers, sa camarade d’atelier. Son apparition à Paris devrait attirer les collectionneurs indiens, qui ont porté la cote de l’artiste jusqu’à 7,4 millions de dollars pour The Story Teller (1937), chez Saffronart, en 2023. Moins recherchée qu’un portrait, cette nature morte semble être estimée raisonnablement, entre 800 000 et 1 million d’euros.
« Tableaux et objets d’art », jeudi 15 octobre 2026, Jack-Philippe Ruellan, 23 place Dauphine, 75001 Paris, www.ruellanauctionparis.com

Pierre Paulin, lampadaire, 1986, aluminium laqué gris. Courtesy Maison R&C
Un lampadaire et un guéridon inédits de Pierre Paulin aux enchères
La maison R & C présente un lampadaire inédit et un prototype de guéridon réalisés par le designer français Pierre Paulin dans le cadre de commandes institutionnelles. Ces deux objets témoignent de l’intérêt porté à ses créations jusqu’au sommet de l’État, quelle que soit la couleur politique au pouvoir. « Notre lampadaire, daté de 1986 [aluminium laqué gris, est. 20 000-30 000 euros], a été conservé par la famille de l’artisan isérois qui l’avait fabriqué. Trente-deux exemplaires ont été commandés par le Mobilier national pour la salle hypostyle du Conseil économique et social [Palais d’Iéna, ndlr]. Il s’agit donc d’un exemplaire supplémentaire », souligne l’expert Romain Coulet.
Le guéridon de 1988, du même artisan (est. 15 000-20 000 euros), est le prototype des modèles livrés pour le bureau du président de la République. Rares sur le marché, les luminaires de Pierre Paulin se limitent à six modèles environ. Les commandes de l’État jalonnent sa carrière : Mobilier national dès 1967, Louvre, pavillon français d’Osaka en 1970, appartements privés de l’Élysée pour Georges Pompidou en 1972, puis « canapé Chirac » pour l’Hôtel de Ville. Le fumoir du président Pompidou, invisible depuis 1974, est lui à voir jusqu’au 1er novembre au musée Fabre à Montpellier, dans l’exposition « Le design selon Pierre Paulin (1927-2009) ».
« Design », vendredi 16 octobre 2026, Hôtel Drouot, 75009 Paris, www.maisonrc.com




