Cap sur l’Asie pour la galerie Christophe Gaillard. Vingt ans après sa création en 2007, l’enseigne française ouvrira un espace dans une capitale qui s'étoffe de plus en plus sur le plan artistique : Bangkok. Elle s’installera en mars 2027 au sein du même bâtiment que la Bangkok Kunsthalle, au cœur du quartier historique de Chinatown. Installée sur un étage complet d’environ 300 m², cette nouvelle antenne disposera d’une programmation propre, indépendante de celle du centre d’art contemporain thaïlandais.
Ce projet entend renforcer les échanges entre les scènes artistiques européennes, thaïlandaises et asiatiques. L’ambition : favoriser les collaborations et les dialogues entre artistes, générations et territoires, tout en préservant les spécificités de chaque scène. « Après avoir étudié plusieurs localisations pour s’implanter en Asie, notre choix de Bangkok s'est finalement imposé à la faveur d'une triple rencontre », confie Christophe Gaillard. Et de poursuivre : « D'abord celle d'un lieu absolument extraordinaire : une ancienne imprimerie de six étages, à l'architecture brutaliste, longtemps laissée à l'abandon après un incendie, et qui abrite aujourd'hui la Bangkok Kunsthalle. Un bâtiment chargé d'histoire, dont la beauté brute et les possibilités artistiques m'ont immédiatement fasciné. Mais aussi, et peut-être surtout, la rencontre avec deux personnalités : Marisa Chearavanont, mécène et fondatrice de la Bangkok Kunsthalle, et Stefano Rabolli Pansera, son directeur artistique. Leur vision, leur audace et leur manière d'envisager l'art comme une expérience ouverte, vivante et profondément liée aux lieux ont joué un rôle décisif dans notre choix. Il y avait une convergence de sensibilités et d'ambitions. »

Christophe Gaillard. © Julio Piatti
L’ouverture sera marquée par une exposition collective réunissant des artistes représentés par la galerie, notamment Hélène Delprat et Richard Nonas, ainsi que des artistes issus de différentes scènes asiatiques. Cet accrochage inaugural donnera le ton d’une programmation fondée sur les rapprochements entre pratiques artistiques et géographies, avec la volonté de nouer des relations durables avec les artistes, collectionneurs et institutions de la région. « Nous espérons naturellement rencontrer des collectionneurs chinois, mais également singapouriens, indonésiens, vietnamiens et plus largement de toute la région », précise Christophe Gaillard.
Fondée à Paris en 2007, la Galerie Christophe Gaillard a progressivement étendu ses activités. Après son installation dans un hôtel particulier du Marais en 2015, elle a inauguré La Résidence | Le Tremblay, en Normandie, en 2020, puis son premier espace international à Bruxelles en septembre 2023. En 2024, elle a poursuivi son développement normand avec L’Usine, un ensemble comprenant un showroom de 600 m², un atelier de production d’œuvres monumentales et des espaces de stockage, voisin de la Résidence.
Déjà forte de plusieurs années de présence en Chine notamment via la participation à des foires comme Art Basel Hong Kong (l’enseigne avait consacré son stand à Hélène Delprat en mars 2026, dans la section Kabinett) et d’un réseau institutionnel et de collectionneurs dans le pays, la galerie creuse ainsi son sillon en Asie.
Inaugurée en 2024, la Bangkok Kunsthalle constitue un cadre opportun pour cette expansion. Situé dans un ancien complexe lié à l’édition et à l’éducation, le centre développe en effet une programmation consacrée à l’art contemporain et aux échanges entre artistes thaïlandais et internationaux. La mécène à l’origine des lieux, Marisa Chearavanont, a par ailleurs récemment créé un parc de sculptures et autres œuvres d’art contemporains à quelques heures de Bangkok, baptisé la Khao Yai Art Forest.
« Bangkok traverse aujourd'hui un moment particulièrement passionnant de son histoire culturelle, souligne Christophe Gaillard. On y observe l'émergence d'une nouvelle génération d'institutions ambitieuses, comme la Bangkok Kunsthalle, le Dib Museum, récemment inauguré, ou encore le futur MONA Bangkok. Ces initiatives témoignent d'une volonté de faire de la ville un véritable centre de création et de rayonnement artistique international ». et de conclure : « Ce qui m'intéresse, c'est précisément d'arriver à un moment où tout n'est pas encore établi, où il est possible de participer à la construction d'un nouvel écosystème artistique plutôt que de simplement s'installer sur un marché déjà constitué ».




