Fondée en 2022, la galerie Christophe Person, dédiée à la création contemporaine africaine, s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre de son histoire. Après plusieurs années dans le quartier du Marais, elle s’installe rive gauche, au 22 rue du Bac, dans l’ancien espace de la galerie Jean Fournier. Fermée en 2024, cette adresse emblématique de l’art moderne et contemporain parisien fut, pendant près de soixante-dix ans, un lieu majeur de l’abstraction internationale. Jean Fournier y a notamment défendu des artistes qui ont marqué durablement l’histoire de ce mouvement, à commencer par Joan Mitchell.
C’est dans ce contexte chargé d’histoire que Christophe Person inaugure, le 17 avril 2026, son nouveau lieu avec une exposition rendant hommage à l’abstraction. L’accrochage réunit des œuvres de plusieurs artistes de la scène africaine contemporaine : Joseph Ntensibe et Donald Wasswa, tous deux originaires d’Ouganda et présentés ici pour la première fois par la galerie ; mais aussi Mamadou Cissé (Sénégal/France), Tiffanie Delune (France) et Paul Ndema (Ouganda).
Conçu par Christophe Person et accompagné de textes de Julie Chaizemartin, le projet propose une lecture singulière de l’abstraction dans l’art africain contemporain. Au-delà des rapprochements formels entre les œuvres, l’exposition mettra en lumière la diversité des approches artistiques. Selon la galerie, si certaines pièces peuvent être perçues comme abstraites, elles sont souvent traversées par des dimensions narratives, symboliques ou conceptuelles qui renvoient à des contextes culturels, sociaux ou politiques précis.

Tiffanie delune, Alchemy, 2003. Courtesy de l'artiste et galerie Christophe Person
Pour le galeriste, ces pratiques s’inscrivent dans une dynamique de dialogue avec d’autres géographies et d’autres temporalités de l’histoire de l’art. « La création africaine ne doit pas être appréhendée comme refermée sur elle-même », souligne-t-il. Et d’ajouter : « Nous souhaitons montrer comment, pour les artistes africains, l’abstraction devient le support de la transmission de connaissance, de la réflexion ou de la spiritualité ».
L’enseigne conserve dans le même temps son espace bruxellois inauguré en juin 2025, tourné vers la Belgique et les pays voisins, visant une programmation plus expérimentale à Bruxelles. Une capitale où la galerie participera en avril à la foire Art Brussels. De son côté, la nouvelle adresse parisienne sera l’ancrage dans une ville « phare de la culture dans le monde » et « point de convergence pour les collectionneurs internationaux ».




