Le Nationalmuseum de Stockholm enrichit sa collection avec une œuvre jusqu’ici inédite signée Lavinia Fontana. Le musée suédois a en effet acquis un retable peint en 1607 par l'artiste bolognaise, figure majeure de la peinture italienne de la fin de la Renaissance. Intitulée Le Mariage mystique de sainte Catherine d’Alexandrie, l’œuvre, conservée depuis la fin du XIXe siècle dans une collection privée italienne, était jusqu’à présent inconnue des spécialistes et du marché de l’art. Selon le musée, elle constitue un ajout rare et important au corpus des œuvres connues de l’artiste, ainsi que l’une de ses compositions religieuses les plus ambitieuses.
Haute de 158 cm et large de 119 cm, l’œuvre représente un épisode célèbre de l’iconographie de sainte Catherine, ou la Vierge et l’Enfant apparaissent à la sainte, à qui le Christ, selon la légende, passe un anneau au doigt. Le geste de l’Enfant, le regard attentif de la Vierge et l’élégance de Catherine témoignent d’une maîtrise raffinée de la composition et de la couleur. L’ouverture ménagée sur l’arrière-plan de cet intérieur palatial révèle quant à elle la maîtrise magistrale de Fontana de la perspective géométrique et atmosphérique. Le tableau illustre l’évolution du langage pictural de Fontana à la fin de sa carrière, avec une palette subtile et un traitement nuancé de la lumière.
Née à Bologne en 1552, fille du peintre Prospero Fontana, Lavinia reçoit sa formation dans l’atelier paternel avant de mener une carrière indépendante. Mariée en 1577 à Gian Paolo Zappi, elle fait de la peinture son activité principale et contribue aux revenus d’une famille de onze enfants. Portraitiste recherchée par les élites bolognaises, elle réalise aussi des œuvres mythologiques, des tableaux de dévotion et de nombreux retables. En 1603, elle s’installe à Rome et devient l’une des premières femmes admises à l’Accademia di San Luca.
L’acquisition de Stockholm s’inscrit dans une politique visant à renforcer la présence des femmes artistes dans les collections nationales suédoises. Financée par un don du Sophia Giesecke Fund, elle rejoint notamment les œuvres de Sofonisba Anguissola et d’Artemisia Gentileschi déjà conservées au musée. La peinture est exposée au Nationalmuseum depuis le 1er septembre.




