Pourquoi avoir choisi Marseille pour ouvrir une galerie ?
C’est durant mes études à Paris que j’ai pu m’attacher à Marseille, lors d’un stage sur les îles du Frioul. Je suis tombé sous son charme. Sa beauté se dévoile dès que l’on sort de la gare Saint-Charles, en face de la Bonne-Mère, avec au loin les Calanques. Marseille aujourd’hui, c’est une ville vibrante qui s’ouvre au monde et qui vit le jour comme la nuit. Artistes, curateurs, jeunes collectionneurs et autres créatifs y sont attirés, autant par le climat que par le bouillonnement de vie et de cultures qui font de Marseille l’une des plus belles villes d’Europe.
S’installer à Marseille, avec toutes ses qualités qui lui sont attachées, me paraissait une évidence, par sa position centrale en Provence, sa place dans le bassin méditerranéen, mais aussi pour sa relation particulière avec Paris, faisant d’elle une alternative sérieuse à la capitale pour ouvrir une galerie en 2026. MADMAX est située dans le quartier central des Réformés, à 5 minutes de la gare Saint-Charles. La galerie Sissi Club mais aussi le jeune espace curatorial SPF50 ont choisi d’y prendre racine avant moi… En plus de ces excellents voisins, j’ai eu la chance de pouvoir y découvrir un magnifique espace !
Quel est votre parcours ?
Normand d’origine, j’ai eu la chance de pouvoir étudier à Paris et de devenir architecte. J’ai collaboré une année avec l’architecte et artiste Jürgen Mayer à Berlin, travaillé en indépendant à Orléans, et enfin, de retour à Paris, à l’agence d’architecture Luis Laplace.

Vue de l'exposition « Matouš Háša. Unfinished », galerie Madmax. Photo : Stefano Marchionini
Vous avez de fortes connexions avec Berlin à travers vos associés et soutiens…
Ce n’est un secret pour personne que mon compagnon est un galeriste berlinois de renom et l’éditeur de plusieurs catalogues raisonnés. J’ai ainsi pu suivre de près, pendant une décennie, l’évolution de la Galerie Judin. C’est une expérience extrêmement précieuse pour le projet que je m’apprête à mener. Mais Juerg Judin et moi-même sommes également tout à fait d’accord sur le fait que ma galerie à Marseille doit se développer en toute indépendance par rapport aux liens berlinois. Aucun chevauchement n’est prévu dans le choix des artistes. Cependant, Juerg et son associé Pay Mathis Karstens sont bien sûr des modèles pour moi, et je me lance donc sans doute avec des exigences plus élevées que la moyenne des débutants dans ce secteur.
Vous ouvrez avec un ensemble de sculptures de l’artiste tchèque Matouš Háša, un choix plutôt décalé…
Il est vrai que les sculptures figuratives en marbre ne s’inscrivent pas vraiment dans la production artistique actuellement en vogue. Mais l’approche conceptuelle de Matouš Háša, qui consiste non pas à achever ses sculptures, mais à mettre l’accent sur le processus créatif, me semble tout à fait en phase avec la quête de sens de nombreux jeunes artistes et avec le retour aux sources de l’histoire de l’art. Commencer par une exposition de peinture attrayante – j’en ai d’ailleurs plusieurs en projet – aurait été presque trop facile à mes yeux !
Quels collectionneurs imaginez-vous toucher depuis cette adresse marseillaise ?
Même si Marseille n’est pas – encore – une destination phare pour le marché de l’art, de nombreux collectionneurs, tant français qu’étrangers, possèdent des résidences dans ses environs. J’espère bien sûr les convaincre de participer à mon programme. Mais, à vrai dire, un argument plus important en faveur de ce lieu est le vif intérêt que manifestent les artistes pour exposer dans cette ville. Comme on le dit si bien en anglais : « Always follow the artists ! » [« Toujours suivre les artistes ! »]. C’est d’ailleurs ce que font, en fin de compte, les collectionneurs avisés – et les galeristes.
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« Matouš Háša. Unfinished », à partir du 29 août 2026, Galerie MADMAX, 10 rue du Coq, 13001 Marseille, https://madmax.art/



