La bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) poursuit l’enrichissement de son corpus documentaire consacré à l’Atelier 17, fondé d’abord à Paris par Stanley William Hayter en 1927 et considéré comme l’un des foyers majeurs du renouveau de la gravure au XXe siècle. Deux donations viennent compléter ce fonds : celle du graveur franco-chilien Enrique Zañartu (1921-2000), et un ensemble d’estampes de l’Américaine Gail Singer (1924-1983), auquel s’ajoutent des œuvres d’autres artistes ayant fréquenté l’atelier. Ces apports constituent, dans les collections publiques françaises, un ensemble sans équivalent pour l’étude de cette structure.
Le fonds Enrique Zañartu, donné par son épouse Nicole Marchand-Zañartu, retrace le parcours d’un artiste dont la trajectoire épouse celle de l’Atelier 17. Après avoir été formé à New York auprès de Stanley William Hayter dans les années 1940, Zañartu est chargé par ce dernier, dès 1950, d’ouvrir un nouvel Atelier 17 à Paris – l’espace avait été fermé entretemps. Il va en assurer la codirection. Graveur mais aussi passeur, il collabore avec des écrivains tels qu’Édouard Glissant, Michel Butor, Pablo Neruda ou Octavio Paz. L’ensemble du fonds que reçoit l’INHA réunit des œuvres couvrant plusieurs décennies, des matrices gravées, des livres illustrés et des archives qui documentent aussi bien son travail que le fonctionnement de l’atelier et les échanges artistiques de l’après-guerre.
Le don consacré à Gail Singer complète cette approche en révélant le processus même de création. Installée à Paris à partir de 1955, cette artiste américaine développe au sein de l’Atelier 17 une œuvre où la couleur, les textures et les expérimentations techniques occupent une place centrale. Le fonds rassemble près de soixante estampes, de nombreuses épreuves d’essai annotées et des variations d’état qui rendent visibles les différentes étapes de l’élaboration d’une gravure. Il comprend également une quarantaine d’œuvres offertes à l’artiste par d’autres membres de l’Atelier 17, parmi lesquels Stanley William Hayter, Isolde Baumgart, Hector Saunier ou Helen Phillips.
Par leur nature et leur étendue, ces deux fonds se révèlent donc complémentaires : ils rassemblent estampes, archives, matrices, états préparatoires, dessins et documents de travail. Leur exploitation permettra d’éclairer non seulement l’histoire de l’Atelier 17, mais aussi les expérimentations techniques qui s’y sont développées, les circulations internationales d’artistes qu’il a favorisées, et les réseaux de création qui ont contribué à son rayonnement. De cette manière, ces deux acquisitions s’inscrivent dans la politique que conduit la bibliothèque de l’INHA en faveur de la documentation et de la recherche sur ce singulier atelier de gravure.




