L'artiste français Julien Heintz est le lauréat de la 15e édition du Prix Jean-François Prat, consacré à la peinture contemporaine. La distinction lui a été remise le 25 juin 2026 au siège du Fonds de dotation Bredin Prat pour l'Art contemporain, à Paris. Pour cette année, les deux autres finalistes de cette édition sont Hippolyte Hentgen et Sojourner Truth Parsons. Selon Chiara Parisi, présidente du jury, cette édition met en lumière « une grande exigence sur l'acte même de peindre et aussi sur la pensée de la peinture et de ce qu'elle raconte », témoignant d’« une grande foi dans la peinture ».
À travers des portraits de soldats, de prisonniers ou de témoins anonymes d'événements historiques, Julien Heintz brouille les visages jusqu'à les placer entre figuration et abstraction. « Je ne peux pas peindre les oppresseurs ou les opprimés de manière neutre. On ne peint pas un prisonnier nazi comme n'importe quel autre sujet. Le noir et blanc est un geste. Le traitement statuaire, symétrique des traits, par exemple. Il y a aussi une notion de respect dans le fait d’indiquer ce qu’on regarde et d'où ça vient. Mes titres sont souvent très descriptifs, scientifiques : « Prisonnier russe en 1944 ». Ce sont des images très sérieuses. C’est d'une certaine manière une façon de répondre aux événements géopolitiques d'aujourd'hui, et ainsi tenter d'éviter que l'histoire se répète », explique le peintre parisien. Né à Paris en 1997 et diplômé des Beaux-Arts de Paris en 2024, Julien Heintz développe une peinture nourrie par les archives filmiques du XXe siècle. Habitué des expositions collectives en France comme à l’international, Julien Heintz a été révélé par la galerie Mennour, qui lui a consacré sa première exposition personnelle à Paris en 2025.
Doté de 20 000 euros pour le lauréat et de 2 000 euros pour chacun des deux autres finalistes, le Prix Jean-François Prat s'accompagne de la publication d'un catalogue et d’une exposition organisée par le Fonds de dotation Bredin Prat pour l'Art contemporain. Les œuvres des trois finalistes sont présentées au public jusqu'au 31 août 2026 dans les espaces du Fonds, au 53 quai d'Orsay, à Paris dans le 7e arrondissement.




