Depuis sa création en 2012, le Prix Jean-François Prat s’est imposé comme un rendez-vous majeur de la scène artistique contemporaine. Pensé comme un observatoire des nouvelles pratiques picturales, il récompense chaque année un artiste émergent ou confirmé dont le travail renouvelle les formes et les récits de la peinture actuelle. Pour cette édition 2026, le comité de sélection a retenu trois démarches radicalement différentes.
Le plus jeune, Julien Heintz, est diplômé des Beaux-Arts de Paris. Il a déjà participé à de nombreuses expositions collectives internationales, dont « Six Painters » (2020) au Koppel Project à Londres ; « Degré zéro » (2022) et « Crush » (en 2022 et 2024) aux Beaux-Arts de Paris. Il a aussi exposé à Monti 8 (Italie), à pal project (France), ou encore à JO-HS (Mexique). Révélé à la galerie Mennour qui lui a consacré sa première exposition à Paris en 2025, l’artiste puise dans les archives filmiques du XXᵉ siècle pour réaliser des portraits de soldats, prisonniers ou anonymes saisis dans des moments d’histoire. « Je ne peux pas peindre les oppresseurs ou les opprimés de manière neutre. On ne peint pas un prisonnier nazi comme n’importe quel autre sujet. Le noir et blanc est un geste. Le traitement statuaire, symétrique des traits, par exemple. Il y a aussi une notion de respect dans le fait d’indiquer ce qu’on regarde et d’où ça vient », explique l’artiste francilien.

Portait du duo Hippolyte Hentgen. Photo : Camille Vivier
Le duo Hippolyte Hentgen, formé par Gaëlle Hippolyte et Lina Hentgen, développe quant à lui un univers foisonnant nourri de références à la bande dessinée, au collage, aux motifs décoratifs ou au dessin de presse, dans une approche dadaïste. Après avoir étudié à la Villa Arson à Nice, les deux artistes entretiennent depuis 2007 une relation d’amitié et mènent une pratique artistique collaborative fondée sur de fortes affinités. Leurs œuvres sont notamment présentes dans les collections du Centre national des arts plastiques (Cnap), du musée de l’Abbaye Sainte-Croix (Les Sables-d’Olonne), du MAC/VAL (Vitry-sur-Seine) ainsi que dans celles de nombreux FRAC.

Sojourner Truth Parsons. © Cub Courtesy de l’artiste et Esther Schipper, Berlin/Paris/Seoul
Enfin, Sojourner Truth Parsons propose une peinture plus intérieure et sensorielle. À travers des compositions géométriques et chamarrées, elle s’attache à représenter le dynamisme et la solitude de la vie urbaine. « Mes tableaux parlent principalement d’amour, d’empathie et de brefs instants d’appartenance. Mon expérience est unique et je la retranscris à travers la peinture. Dans ma pratique, il m’est impossible de dissocier le moi et l’œuvre : ils ne font qu’un », résume-t-elle. Née à Vancouver, au Canada, en 1984, Sojourner Truth Parsons vit et travaille aujourd’hui à New York. Diplômée du Nova Scotia College of Art and Design (Canada), elle a vu ses œuvres intégrer de prestigieuses collections internationales, notamment celles du Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa, du Museum Voorlinden à Wassenaar (Pays-Bas), du Musée des beaux-arts de Montréal (Canada), des Galeries d’Oakville (Canada), du Portland Art Museum (États-Unis) et du Long Museum à Shanghai (Chine).
Le lauréat du Prix Jean-François Prat 2026 sera dévoilé le 25 juin lors du vernissage de l’exposition organisée à la Fondation Bredin Prat, à Paris, située dans les locaux du cabinet d’avocats éponyme. Les œuvres des trois finalistes seront présentées au public, in situ, jusqu’au 31 août 2026.




