Pour sa 2e édition, MAZE Design Basel s’étoffe. Cette boutique fair de design a été lancée l’an dernier par une poignée de marchands, principalement parisiens, déçus par l’arrêt de Design Miami/ Basel. Elle est organisée dans un lieu singulier, l’Offene Kirche Elisabethen, une église désacralisée située en plein centre, à deux pas des musées bâlois et de la Kunsthalle. Plusieurs exposants rejoignent la foire cette année, dans une tente montée devant l’édifice. L’événement s’étoffe aussi avec davantage d’œuvres ornant les cimaises, donnant à la foire un esprit « art et design » que n’avait pas Design Miami/ Basel… « Tous les exposants ont désormais la possibilité de présenter un peu d’art sur leurs stands », confirme Hélin Serre, de la galerie Downtown-François Laffanour (Paris). L’enseigne montre ainsi des peintures représentant des portraits d’hommes noirs par l’artiste allemand Jeremy Jaspers, basé entre Berlin et Paris, une œuvre sculpturale de Joana Vasconcelos ou encore une toile de grand format ne contenant que du texte autour des rêves par Ken Grimes, Américain né en 1947. Le cœur du stand reste un magnifique et indétrônable canapé Ours polaire de Jean Royère, dont le tissu vert profond a été retapissé à l’identique (plus de 1 million d’euros), et une bibliothèque Mexique de Charlotte Perriand qui a longtemps fait partie de la collection personnelle de François Laffanour… Dimanche, lors du « soft opening » visant en particulier les galeristes d’art contemporain exposant à Art Basel et leurs propres clients, « nous avons surtout vu des Européens et des Américains, représentés par leurs advisors », confie Hélin Serre.

Bijoy Jain, Bamboo XIII, 2026. Courtesy de l'artiste et galerie Salon 94 (S94D). Photo : A.C.
Dans un marché du design où les pièces historiques se font plus rares, et les véritables découvertes plus difficiles, certains exposants parviennent encore à se distinguer avec des œuvres majeures ou plus inattendues. Sous la tente, chez le spécialiste du design scandinave Éric Philippe (Paris), la pièce majeure est une table et ses chaises conçues en 1963 pour un café de Tampere par les Finlandais Reima & Raili Pietilä (à 34 000 euros). Chez Romain Morandi (Paris), c’est un bar moderniste du poète Frans Buyle en bois, verre et aluminium brossé des années 1920 (à 50 000 euros). Chez Angela Weber (Zurich), sortent du lot un immense miroir en bois d’Albert Cheuret (vendu) et un lit de Gio Ponti des années 1930, affiché à moins de 50 000 francs suisses. Hélène Bailly (Paris), quant à elle, associe des pièces d’Henri Laurens avec celles d’Alberto et Diego Giacometti.
La galerie S94D – Salon 94 Design, galerie new-yorkaise qui dispose aussi d’un espace au Palais-Royal, à Paris – expose des animaux sauvages en céramique de Celia Vasquez Yui, dont un ensemble imposant est présenté en ce moment à la Biennale de Venise dans l’exposition internationale « In Minor Keys ». La galerie S94D a aussi remporté le 14 juin le MAZE/Art Awards F.P. Journe, remis dans le cadre de MAZE/Design Basel. L’œuvre distinguée, une assise de Bijoy Jain / Studio Mumbai associant bambou et soie, prolonge les recherches de l’architecte indien, montrées dans l’exposition « Le Souffle de l’architecte » à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, boulevard Raspail à Paris, en 2024. Grâce à ce prix, la pièce (autour de 20 000 euros) va entrer dans les collections du Vitra Design Museum de Weil am Rhein, soit à quelques encâblures de Bâle, côté allemand. La galerie S94D expose également des animaux sauvages en céramique de Celia Vasquez Yui, dont un ensemble imposant est présenté en ce moment dans l'exposition internationale de la Biennale de Venise, aux Giardini. Reste désormais à MAZE Design Basel à confirmer sa place dans le paysage des foires de design et à s’imposer, auprès des collectionneurs, comme un rendez-vous incontournable.
---
MAZE Design Basel, jusqu’au jeudi 18 juin 2026, Offene Kirche Elisabethen, Bâle, Suisse




