Site gallo-romain majeur, dont témoignent d’importants vestiges qui ont traversé les siècles, Arles est devenue depuis 56 ans l’une des capitales mondiales de la photographie, avec les Rencontres qui se dérouleront cette année du 6 juillet au 4 octobre sous le titre « Worlds on view ». Mais, la cité de 52 000 habitants, siège de l’École nationale de la photographie mais aussi des éditions Actes Sud, a totalement changé de statut ces dernières années pour devenir un important pôle dans le domaine des arts visuels. Ainsi, ouverte depuis 2014, la Fondation Vincent van Gogh Arles propose « À Vincent : Un conte d’hiver » jusqu’au 26 avril, réunissant des dessins des années 1960 d’Anselm Kiefer réalisés à Arles et inspirée du peintre hollandais, des peintures inédites d’Harold Ancart, de grandes compositions de Dominique Ferrat ou encore des pièces de Gérard Collin-Thiébaut, Simone Fattal, Joseph Grigely, ou Nathanaëlle Herbelin. Directeur artistique de la Fondation et co-commissaire de l’exposition, Jean de Loisy s’apprête aussi à ouvrir « Le passage de Vénus » au musée départemental Arles antique (du 24 avril au 31 octobre 2026), une manifestation organisée en partenariat avec le Louvre. D’autres structures ont choisi cette ville, notamment LUMA Arles de Maja Hoffmann, installée sur le gigantesque site des anciens ateliers SNCF, et se dotant d’une tour signée Frank Gehry, ou la Fondation Thalie de Nathalie Guiot, tandis que le Fonds Bustamante inaugurera ses espaces au cœur de la cité le 9 juillet, avec une exposition intitulée « Bustamante en Miroirs ». Les galeries ne sont pas en reste, avec celle de Cyrille Putman ou le nouveau siège de Laurent Godin, qui présente un ensemble d’œuvres de Gérard Traquandi en écho au Festival du dessin. Ce dernier, lancé en 2023 par Vera Michalski et Frédéric Pajak, se déploie jusqu’au 17 mai dans une douzaine de lieux à travers la ville, sous la présidence d’honneur d’Éric Cantona.

Vue de l’exposition « Et la vie continue… », dessins de la collection Karmitz à l’église Sainte-Anne, Arles, dans le cadre du Festival du dessin 2026. Photo Philippe Régnier
Parmi les accrochages incontournables de cette édition se trouve la collection Marin Karmitz, avec ses feuilles d’Oskar Schlemmer, Jean Fautrier, Auguste Rodin, Alina Szapocznikow, ou les pièces d’Annette Messager et Christian Boltanski, sous le commissariat de la Fondation Antoine de Galbert. La chapelle du Méjan accueille les dessins d’étudiants de l’École des Arts décoratifs de Paris, de l’Académie des beaux-arts de Florence ou encore de l’École supérieure des Beaux-Arts d’Athènes, avec le soutien de la Maison Hermès. Les autres temps forts du festival sont en particulier les chefs-d’œuvre italiens du XXe siècle de la collection Ramo de Milan, les dessins humoristiques de Muzo, les toujours poignantes feuilles de Ceija Stojka, les portraits de Jean-Jacques Lequeu et Nicolas Lagneau, les danses macabres de Théophile Alexandre Steinlen, les animaux de Gilles Aillaud ou les compositions de Germaine Richier. Ces dernières sont présentées par Lee Ufan Arles, en même temps que les dessins d’Eve Gramatzki ou les photographies de Tadzio, avec ses deux séries réunies sous le titre « Umwelt ». La structure de l’artiste coréen se prépare dans le même temps à accueillir l’exposition de Pooya Abbasian (du 6 juillet au 4 octobre 2026), lauréat de la 3e édition du Prix Art & Environnement créé par Lee Ufan Arles et la Maison Guerlain. L’Iranien installé en France a bénéficié l’hiver dernier d’une résidence sur place, travaillant notamment à partir d’une plante, le baccharis, mais aussi d’un conte local, La Bête du Vaccarès. Le projet, toujours en phase de développement, s’annonce passionnant, à l’image de l’effervescence qui s’est emparée de la cité arlésienne.




