Des œuvres du street artist Invader, il en passe régulièrement sur le marché. Celles mises en vente chez Sotheby’s cette semaine, en ligne, sont en revanche extrêmement rares. Dans cette vente qui se clôture le 17 avril à 15 heures figurent en effet trois œuvres en mosaïque sur bois, figures rouges sur fond bleu, encadrées, datant de 1996 et mesurant chacune 25 x 35 cm sans leur cadre. Ces pièces historiques marquent « un tournant décisif dans la carrière de l’artiste contemporain français connu sous le nom d’Invader. En effet, ces trois œuvres constituent l’aboutissement des recherches menées par l’artiste, qui l’ont poussé à franchir le pas et à s’aventurer dans la jungle urbaine. Composées de carreaux bleus et rouges éclatants posés sur des panneaux de bois, ces mosaïques incarnent l’esthétique "Space Invader" de l’artiste à ses débuts, une manifestation physique de la nostalgie numérique 8 bits qui s’invite dans le paysage urbain », résume Sotheby’s.
Ces trois pièces, mises en vente séparément à une estimation comprise entre 60 000 et 80 000 euros chacune, soit loin de son record de 356 000 euros en 2019 chez Artcurial, ne sont jamais passées sur le marché. Elles proviennent directement de la famille du collectionneur français à qui l’artiste les a offertes, et se trouvent encore dans leur cadre d’origine créé par Invader. Depuis, la carrière de l’artiste a connu une accélération spectaculaire, ses « invasions » murales ayant touché plus de 80 villes dans le monde, et même la station spatiale internationale ! Tandis que les institutions ont salué son travail, comme récemment au Musée en Herbe à Paris ou au MOCA (Museum of Contemporary Art) de Los Angeles, le comparant souvent à d’autres figures telles que Banksy ou Shepard Fairey. Il s’agit ici des premières œuvres d’Invader avant que l’artiste ne « s’attaque » à l’univers urbain et n’y appose ses créations, des pièces uniques qui n’ont pas ensuite donné lieu à un alias dans la rue…




