Quelques heures avant la fin du PAD Paris 2026, les visages des exposants exprimaient une certaine satisfaction. Pourtant, la semaine n’avait pas commencé sous les meilleurs auspices. Le jour du vernissage l’année dernière, le président américain avait annoncé une hausse des droits de douane de 10 %. Cette fois-ci, la veille de l’inauguration, Donald Trump a menacé l’Iran d’un ultimatum particulièrement anxiogène. Mais en ces temps troublés, l’art et le design offrent une respiration aux collectionneurs et aux amateurs, qui se sont pressés sur la foire. « Nous avons accueilli entre 4 000 et 8 000 personnes par jour, confirme Patrick Perrin, cofondateur du PAD. Tous les décorateurs qui comptent en France et à l’international, de Jacques Grange à Pierre Yovanovitch ou India Mahdavi, pour ne citer qu’eux, m’ont fait remarquer la force d’attrait particulière du design et de la décoration. » Romain Morandi, prix du stand 2026, confiait avoir vendu une grande partie des pièces présentées,« avec un intérêt égal pour les œuvres anciennes ou contemporaines ». « Cette édition s’est très bien passée pour nous, avec une audience nouvelle et une clientèle étrangère acheteuse et étonnamment motivée, déclarait également la galeriste Amélie du Chalard, présente à la fois sur le PAD et à Art Paris. Le duo de designers Ophélie Dozat et Lucien Dumas de l’atelier Materra-Matang a remporté un franc succès : quatre exemplaires des quatre pièces présentées ont été vendus dans une fourchette allant de 7 000 à 13 000 euros ».

Une partie du stand de la galerie Daguet-Bresson au Pad Paris 2026. Photo: D.R.
Pour Paul-Louis Betto, de Pulp Galerie nouvellement installée rue de Seine à Paris, les clients ont aussi été au rendez-vous. « Nous avons vendu 8 pièces sur les 14 présentées, annonce le marchand. Les clients, notamment français, étaient vraiment à l’achat. » Même écho enfin pour le galeriste spécialisé dans la céramique d’art Florian Daguet-Bresson : « cette édition est sans aucun doute la meilleure pour moi depuis ma première participation au PAD. Toutes les œuvres de Timothée Humbert ont trouvé preneur entre 6 000 et 14 000 euros. Six pièces de Mel Arsenault sont parties, quant à elles, aux quatre coins du monde, à des prix allant de 6 000 à 12 000 euros. » Notons aussi l’intérêt, sur le stand de Maria Wettergren, pour les pièces nouvelles circulaires en porcelaine de Lotte Westphael, dont l’intérieur semble cousu…
Le PAD Paris 2026 a été marqué par un nombre élevé de ventes, mais aussi par un retrait relatif du design historique : beaucoup de marchands ont décidé en effet de mêler les créations anciennes avec du mobilier et des objets contemporains. Ainsi, Matthias Jousse a profité du PAD pour montrer la collection « Continuity » du designer industriel Edward G. Robinson en prolongement de son exposition à la galerie Jousse Entreprise. Cette nouvelle approche des professionnels masquerait-elle un possible essoufflement des « antiquités du XXᵉ siècle », qui deviennent aussi rares que chères sur le marché ?




