Pourquoi avez-vous choisi d’ouvrir cet espace à Paris ?
Pendant la Foire Art Paris, l’année dernière, mon ami Pascal Lansberg m’a annoncé qu’il voulait arrêter son activité parisienne parce que, habitant à l’étranger depuis dix ans, il avait moins de raisons de venir à Paris qu’auparavant. J’adorais sa galerie depuis que j’ai commencé mon activité il y a 35 ans, sa luminosité, cette ouverture sur la rue Jacques Callot, et puis ce charme d’être en face du café La Palette. En fait, c’est un vieux rêve que je réalise maintenant ! Je suis moi aussi souvent à l’étranger, je ne vais donc pas venir souvent ici. Mais, je peux compter sur une bonne équipe, sur mes deux directeurs, Antoine Clavé et Isaure de Roquefeuil. Le moment pour le marché de l’art n’est pas forcément le plus facile. Beaucoup de galeries malheureusement ferment. J’ouvre, quant à moi, dans un quartier qui reste magique. Pendant vingt ans, j’ai eu une galerie avenue Matignon, en association avec mon cousin, Waring Hopkins, malheureusement décédé il y a quelques semaines. Je connais donc bien le 8e arrondissement, quartier d’affaires qui n’a pas vraiment de charme, au contraire d’ici. Les étrangers aiment toujours s’y balader, notamment les Américains, qui ont souvent un pied-à-terre dans les 6e ou 7e arrondissements.
Cet espace s’ajoute donc à ceux que vous avez déjà…
En effet, je garde la galerie de Londres et son équipe de 14 personnes, et celle de Dubaï, qui emploie 4 personnes, contre 3 à Paris.
Pourquoi l’exposition d’ouverture est-elle consacrée aux nabis ?
Je suis revenu à mes bases avec mon cousin Waring Hopkins avec qui j’ai commencé. Il était à l’époque spécialisé dans les nabis, au même titre que des marchands comme Daniel Malingue ou Anisabelle Bérès. C’était à la mode. Puis, la galerie est devenue un peu plus moderne, ouverte aux années 1950 et 1960, surtout européennes.
Ensuite, je me suis associé avec Leslie Waddington, qui a été un des premiers à montrer la peinture américaine des années 1950 à 1970 en Angleterre et en Europe. Une autre aventure. Aujourd’hui, mes deux associés sont disparus. Daniel Malingue vient de vendre sa galerie à Mennour, et Anisabelle Bérès a réduit son activité. Alors, je me suis dit que, fort du fonds de tableaux que j’ai accumulé depuis des années, c’était sans doute le moment. D’autant qu’il y a deux ans et demi, à Londres, mon stand sur Frieze Masters consacré aux nabis avait très bien marché. Quant à mon cousin Waring Hopkins, une grande partie de ses tableaux – de Maurice Denis, Émile Bernard, Pierre Bonnard, Édouard Vuillard – vont passer en vente aux enchères à la fin de l’année à Paris, dont 150 œuvres nabies sur papier.
Dans cette exposition, les tableaux nabis dialoguent avec des artistes actuels…
J’ai laissé Antoine Clavé et Isaure de Roquefeuil choisir des artistes qu’ils connaissent, qu’ils pensaient être en correspondance avec l’esprit des nabis, tout en suggérant quelques noms, d’où la présence sur les murs d’œuvres de Marcel Dzama, Pierre Knop, Marcel·la Barceló.
Quel regard portez-vous sur la situation au Moyen-Orient, région que vous connaissez bien ?
L’intérêt pour Dubaï et les autres émirats pourrait revenir très rapidement, à condition que la confiance soit rétablie. Si le conflit s’interrompt rapidement, Dubaï pourrait même, à mon sens, rebondir plus fortement encore. L’émirat a démontré sa capacité à se protéger grâce à un bouclier antimissile dont l’efficacité se confirme jour après jour. Ce sont aussi des pays capables de dépenser beaucoup pour améliorer les infrastructures, notamment liées à la santé, et offrir d’excellents hôpitaux et autres systèmes de soins qui peuvent attirer aussi les seniors et retraités, les lois pour les accueillir ayant été modifiées. Les Émirats se distinguent enfin par une remarquable capacité d’adaptation.
Galerie Waddington Custot, 36 rue de Seine, 75006 Paris




