Isabelle et Jean-Conrad Lemaître forment depuis trois décennies un couple de collectionneurs qui se complète : ils ont ainsi monté, au fil du temps, la plus grande collection d’art vidéo en France. Au terme de cette longue aventure, ces défricheurs viennent de mener à bien la donation de cet ensemble au macLYON, le Musée d’art contemporain.
« Voyageurs, curieux et intuitifs, les Lemaître ont surtout procédé par choix affectifs et personnels », explique le musée lyonnais. L’histoire commence en 1996, lorsqu’ils découvrent Boy Time de Gillian Wearing, qui fut leur première acquisition d’art vidéo. Démarre alors une véritable passion pour le médium, qui mènera le couple à collectionner quelques 170 films. La collection comporte des films créés entre 1984 et 2025, par des artistes comme Yto Barrada, Steve McQueen ou Clément Cogitore. Elle est exposée pour la première fois en 2006 à la Maison Rouge – Fondation Antoine de Galbert, à Paris, exposition suivie d’une vingtaine d’autres, comme à la Kunsthalle de Kiel (Allemagne) ou à l’Art Center de l’Université de San Diego (États-Unis).

Evangelia Kraníóti, Ecstasy Must Be Forgotten [extrait], 2016-2017, double vidéo, couleur, son, 31’46’’, Collection Isabelle et Jean-Conrad Lemaître.
© Adagp, Paris, 2026
Trente ans après leur première acquisition, Isabelle et Jean-Conrad Lemaître ont souhaité faire don de leur collection à une « institution publique de référence en France » : ils ont choisi le macLYON. L’institution lyonnaise s’est « naturellement imposée comme un lieu d’accueil privilégié ». Le musée est en effet porté sur l’art vidéo depuis sa création en 1984, que ce soit au travers de ses expositions ou des choix dans la formation de sa collection de 2 000 œuvres, qui contient autant les travaux d’artistes reconnus, comme Eija-Liisa Ahtila, Gary Hill ou Ange Leccia, que ceux d’artistes émergents. Le musée est également bien équipé pour recevoir et préserver la collection, étant, explique-t-il, « en mesure de garantir la numérisation, la documentation et l’accessibilité des œuvres, tout en assurant leur intégrité matérielle et leur pérennité ». Grâce à cette donation, « cette passion privée va pouvoir rejoindre le domaine public », a déclaré Isabelle Lemaître.
Les enjeux de la donation sont importants. Celle-ci permet notamment au musée « de se positionner comme l’un des principaux acteurs de l’art vidéo avec au total de près de 350 œuvres vidéo dans [sa] collection », ce qui lui ouvre de nouvelles opportunités de collaboration, notamment à l’international.
Une exposition, « Regards sensibles », pensée en étroite collaboration avec Isabelle et Jean-Conrad Lemaître, présentera à partir du 6 mars une sélection d’œuvres de la collection Lemaître.




