Une grande proximité avec l’abstraction, un fort accent mis sur la technique, « une approche très délicate face à des questions d’apparitions et de disparitions », selon la critique d’art et commissaire Marie Maertens. Tels sont quelques-unes des caractéristiques des artistes retenus pour le 19e Prix de dessin 2026 de la Fondation d’art contemporain Daniel et Florence Guerlain, annoncés chez Artcurial ce 11 décembre. Il s’agit de Cathryn Boch, Simon Schubert et Renie Spoelstra. Trois corpus qui témoignent des frontières élargies du domaine du dessin. Les nommés ont été choisis par une commission d’experts composée d’Emmanuelle Brugerolles, conservatrice générale honoraire du patrimoine ; Yuan-Chih Cheng, conseiller à la Direction générale de la création artistique ; Hervé Halgand, collectionneur ; Lucia Pesapane, conservateur et commissaire d’exposition ; et Florence et Daniel Guerlain, collectionneurs et fondateurs du prix.

Œuvre de Cathryn Boch. © Jean Christophe Lett
Cathryn Boch, née en 1968 en France, a participé à de très nombreuses expositions institutionnelles. L’artiste « dessine par la couture, la mêlant à des supports tels que cartographies, images satellites ou cartes postales, mais aussi acryliques ou autres matérialités. Sa quête du corps et de l’intime a rejoint celle des territoires et des paysages, pour nous parler de l’histoire des hommes », souligne Marie Maertens.

Simon Schubert, Light through window, 2025, 70 x 50 cm, graphite sur papier. Courtesy de l'artiste
Né en 1976 en Allemagne, Simon Schubert joue une autre partition, dans deux directions différentes. « En parallèle de sa propre technique de papier plié où il développe une architecture en constante évolution, Simon Schubert travaille des noirs et des couleurs profondes… Ses feuilles aux blancs éclatants s’exposent aux côtés de pigments très denses, plongeant le spectateur dans un monde qui parle d’absence et d’existence », résume Marie Maertens. Et d’ajouter : « il isole des pans, construit et déconstruit ses architectures fictives ou réelles ». Ses scènes d’intérieur « semblent renvoyer à Johannes Vermeer ou à Vilhelm Hammershøi ».

Renie Spoelstra, Black Ice, 2019. Courtesy de l'artiste
La plus classique des trois est sans doute Renie Spoelstra, née en 1974 aux Pays-Bas et présente dans de nombreuses collections. Elle séduit par ses œuvres monumentales. « Par de grands formats aux noirs denses et profonds, aux multiples dégradés de gris, Renie Spoelstra plonge son spectateur dans des paysages qui retranscrivent ses sentiments, écrit Marie Maertens. Montagnes, forêts, nuages, lacs ou rochers deviennent les personnages principaux d’un récit intime et atemporel ».
Qui des trois remportera le prix ? Réponse au Salon du dessin, au Palais Brongniart à Paris, le 26 mars 2026. Le lauréat recevra une dotation de 15 000 euros et les deux autres artistes sélectionnés 5 000 euros chacun. Enfin, une œuvre du lauréat sera offerte par la Fondation au Cabinet d’art graphique du Musée national d’art moderne – Centre Pompidou.



