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Analyse

Paris Tribal sous le signe de l'inattendu

La 11e édition de ce rendez-vous de printemps dédié à l’art tribal ancien réunit 42 enseignes, en partie étrangères. L’occasion de faire dialoguer des marchands et des objets en dehors des sentiers battus.

Bérénice Geoffroy-Schneiter
22 avril 2024
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Masque frontal probablement Heiltsuk (Bella Bella) ou Haisla, Colombie britannique, Canada, vers 1870. Courtesy de la galerie Franck Marcelin

Masque frontal probablement Heiltsuk (Bella Bella) ou Haisla, Colombie britannique, Canada, vers 1870. Courtesy de la galerie Franck Marcelin

Tous les marchands le diront, la vente de la collection Barbier-Mueller, chez Christie’s, le 6 mars 2024, a montré l’extrême vitalité du marché des arts africains et océaniens pour les pièces d’importance, et ce, en dépit du climat ambiant lié aux demandes de restitutions. C’est dans ce contexte euphorisant que se tient, durant la dernière semaine d’avril, la 11e édition du Salon Paris Tribal. Né de la volonté d’une poignée de marchands spécialisés (Alain Bovis, Jean-Baptiste Bacquart, Olivier Castellano…) de combler ce moment « un peu creux » de l’année – coincé entre la Tefaf Maastricht en mars et les grandes ventes de juin –, cet événement printanier consacré aux arts classiques d’Afrique, d’Océanie, d’Asie et des Amériques est résolument placé sous le signe de la connivence et de la convivialité.

UN FIL ROUGE PLEIN DE SURPRISES

Sous la houlette de Julien Flak, qui en assure pour une deuxième et dernière année la présidence, ce sont ainsi plus d’une quarantaine de galeries qui rivalisent d’inventivité et d’audace pour capter l’attention du visiteur. « Nous nous réjouissons d’accueillir cette année plus d’un tiers d’enseignes étrangères, venues, entre autres, d’Allemagne, de Belgique, d’Espagne ou des États-Unis. Par ailleurs, nous saluons la participation de nouveaux marchands parisiens, tels Adrien Viel de la galerie Le Toit du Monde ou Jean Christophe Argillet de la Galerie Furstenberg. La province est également joliment représentée avec la présence des fidèles, tel Franck Marcelin, installé près d’Aix-en-Provence. Enfin, des marchands illustres ont éprouvé le besoin de revenir, comme Bernard Dulon », se félicite ainsi Julien Flak.

Séduire et surprendre semblent être les maîtres mots de cette 11e édition de Paris Tribal.


Chaque édition étant prétexte à une thématique particulière, les participants ont choisi cette année de « chatouiller » la curiosité du visiteur en dévoilant pour l’occasion un objet insolite, que ce soit par l’origine géographique, la symbolique, la matière ou le style. Difficile d’en savoir davantage, tant la plupart d’entre eux souhaitent conserver une part de mystère jusqu’au jour du vernissage, le 23 avril 2024. Tout au plus parle-t-on d’une sculpture précolombienne vieille de 1200 ans, « aux allures de Mickey Mouse », ou d’un « masque » à l’« énergie tribale »…

Parfois même s’esquissent des rapprochements avec d’autres disciplines que les arts premiers, offrant ainsi d’aimables digressions vers l’art moderne, l’art contemporain et le design. Mais que le visiteur se rassure, l’objet sélectionné par chaque galeriste est accompagné d’une signalétique « Inattendu » qui focalisera son regard.

Masque, Népal. Courtesy des galeries Alain Bovis et Frédéric Rond. Photo Mathieu Ferrier

PLAISIR ET ÉRUDITION

Séduire et surprendre semblent donc être les maîtres mots de cette édition de Paris Tribal. Ainsi, on ne « boude pas son plaisir » en allant visiter l’exposition « Les Visages de l’Himalaya » organisée par Alain Bovis et Frédéric Rond, lesquels partagent une passion pour les masques chamaniques du Népal et du Tibet. Une cinquantaine de ces faces « habitées » sont présentées et publiées dans un catalogue préfacé par Stéphane Martin, ancien président du musée du quai Branly – Jacques Chirac. Chez Cédric Le Dauphin, ce sont quelque 250 poignées de kriss de l’archipel malais (Asie du Sud-Est) qui devraient happer l’œil du public.

L’Asie réserve décidément de belles surprises avec la découverte, dans la Galerie Kiyama, d’étonnants et très rares tapis japonais aux gracieuses arabesques dénommés « Ako dantsu*1 ». Leur préciosité « baroque » paraît aux antipodes du minimalisme accolé au design nippon! Sur le stand de Franck Marcelin est célébrée l’inventivité sans limites des arts du Grand Nord, notamment à travers un masque frontal de la province de Colombie-Britannique (Canada) en bois d’érable rehaussé de nacre et de magnifiques pigments bleus, noirs et rouges.

En amoureux des cabinets de curiosités, Anthony Meyer a prévu, quant à lui, de rassembler sous le titre « Richesses & Parures » un florilège d’objets de prestige, de pouvoir et d’échanges en coquillages, en os et en plumes, qui illustrent la folle créativité des peuples de l’Océanie et de l’Arctique. Enfin, Alain de Monbrison « fait de l’œil » aux surréalistes et à leur mentor André Breton en présentant dans son exposition intitulée « Beauté convulsive » un aréopage de pièces toutes plus sublimes les unes que les autres. En témoigne un masque Agbanabo Igala du Nigeria, dont les yeux cernés de kaolin semblent ouvrir une porte sur l’insondable…

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Paris Tribal, 23 - 28 avril 2024, divers lieux dans le quartier de Saint Germain-des-Prés, 75006 Paris.

*1 Tapis en coton tissé à la main produits dans la petite ville d’Akō.

Marché de l'artParis TribalGalerie FlakArt tribalGalerie Franck MarcelinAnthony MeyerAlain de MonbrisonGalerie Kiyama
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