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Le Louvre en tête

Philippe Régnier
14 mars 2021
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Par un décret du 4 avril 2018, le président de la République Emmanuel Macron reconduisait Jean-Luc Martinez à la tête du Louvre pour trois ans, à compter du 14 avril 2018. La fin du second mandat de l’archéologue est donc imminente.

La Pyramide du Louvre, à Paris. © 2019, Musée du Louvre / Olivier Ouadah

Huit ans après avoir succédé à Henri Loyrette, l’actuel patron du plus grand musée du monde a, dans un entretien à Paris Match paru le 11 mars, officiellement déclaré sa candidature à un troisième mandat, qu’il annonce dès à présent comme étant son dernier. Dans cette interview, le président-directeur du musée du Louvre fait preuve d’un aplomb impressionnant.

Le problème des restitutions ? « En tant qu’archéologue, je suis le mieux armé pour répondre à la question de la provenance des œuvres qui prend de plus en plus d’importance », déclare-t-il sans ambages. Avant de faire cette déclaration d’anthologie: « Je pense que je suis le mieux placé pour réarmer intellectuellement la France ». Pourtant, il ne semble pas que ce point de vue soit unanimement partagé. En effet, les critiques n’ont fait que redoubler ces derniers mois face à sa gestion du musée : partenariats commerciaux agressifs, doutes concernant le respect du droit moral de Cy Twombly, réserves construites à 200 kilomètres de Paris… Dans une tribune que nous publions dans ce numéro, l’universitaire spécialiste des musées Jean-Michel Tobelem analyse nombre de points qui suscitent au minimum des interrogations.

Surtout, face à Jean-Luc Martinez, d’autres candidatures – déclarées ou non – apparaissent déjà comme des alternatives plus que crédibles : Marie Lavandier, directrice du Louvre-Lens; Laurent Le Bon, président du musée national Picasso-Paris; Christophe Leribault, directeur du Petit Palais - Musée des beaux-arts de la Ville de Paris; Sophie Makariou, présidente du musée national des arts asiatiques-Guimet… Certes, comme de nombreux autres musées, le Louvre a subi de plein fouet la crise sanitaire et les mois de fermeture vont obliger l’institution à se réinventer. Aussi, est-ce peut-être justement le moment propice à un nouveau départ.

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