© De Jonckheere Gallery

Reportages
Expositions

Dans le coffre aux trésors de la Brafa

La Foire bruxelloise réveille la curiosité des collectionneurs, grâce à une offre d’une surprenante richesse, de l’Antiquité à l’art contemporain.

Bram Bogart chez Rodolphe Janssen

Les galeries Rodolphe Janssen (Bruxelles) et White Cube (Londres, Hong Kong) ont respectivement annoncé l’organisation d’une rétrospective autour de Bram Bogart. Alors que celle prévue à la White Cube Mason’s Yard (Londres) débutera le 29 janvier 2020, la galerie bruxelloise d’art contemporain profite de la nouvelle édition de la Brafa pour dévoiler une œuvre inédite de l’artiste belge sur son stand. Elle a choisi une composition sculpturale, où la matière ressort à travers une accumulation de peinture, technique pour laquelle Bram Bogart est devenu célèbre.

Bram Bogart, So Beautiful, 2006, peinture sur bois. Prix : 90000 euros. © Dawn Blackman

Une céramique unique de Kees Van Dongen chez Charly Bailly

La galerie Bailly, présente depuis 1977 à Paris et, plus récemment, à Genève, est spécialisée en art impressionniste et moderne. Elle expose une pièce unique de Kees Van Dongen, qui collabora avec le céramiste André Metthey – dont certaines créations se trouvent au Metropolitan Museum of Art, à New York. Femme nue au lierre,composée de vingt carreaux de faïence assemblés, est un exemple des céramiques décoratives qu’il réalisa autour de son thème de prédilection, la femme. Comme dans ses œuvres peintes, les couleurs utilisées la rattachent au fauvisme.

Kees Van Dongen, Femme nue au lierre, vers 1910, 20 carreaux majoliques avec sous-glaçure et argile rouge. Prix : entre 200000 et 250000 euros. © Gallery Bailly

Un masque-cimier chez Didier Claes

Le galeriste bruxellois, spécialisé en art africain ancien et qui s’est fait connaître pour ses découvertes de pièces d’exception, présente une œuvre phare du début du XXe siècle. Le cimier, provenant de la tribu des Tiwara Bambara (Mali), est un masque rituel représentant une antilope femelle. C’est un objet majestueux, aux traits fins et d’un grand classicisme.

Cimier tiwara bambara, début du XXe siècle, bois et fibres végétales. Prix : 85000 euros. © Didier Claes

L’Italie minimaliste chez Robertaebasta

La galerie milanaise présente, depuis 1967, les arts décoratifs du XXe siècle et, en particulier, les œuvres des plus grands artistes italiens et étrangers, tels que Gio Ponti, Carlo Bugatti ou René Lalique. Elle expose une fine sculpture en laiton, signée Fausto Melotti, l’un des principaux artistes milanais avec Lucio Fontana, dont il a été longtemps l’ami. Il est également considéré comme un précurseur de l’arte povera. Avec Carro, la galerie dévoile une œuvre où le dépouillement et le minimalisme s’incarnent en sculpture.

Fausto Melotti, Carro, 1972, laiton. Prix : 160000 euros. © Robertaebasta

Floris Jespers, perle du modernisme belge

La galerie Harold t’Kint de Roodenbeke, spécialisée dans les œuvres d’artistes belges du XXe siècle, comme James Ensor, dont une gravure est exposée, révèle une peinture unique de Floris Jespers. Artiste phare de l’expressionnisme belge à tendance cubiste, il fut oublié après la fermeture de sa galerie bruxelloise suite à la crise de 1929, mais il réapparaît aujourd’hui sur le marché. « Une jolie redécouverte d’un tableau belge de premier plan», observe le galeriste.

Floris Jespers, Femme au renard, 1927, huile sur toile. Prix : autour de 100000 euros. © Galerie Harold t’Kint de Roodenbeke

Die Galerie met Matta à l’honneur

Fondée en 1979 à Francfort-sur-le-Main, Die Galerie est spécialisée en art des XXe et XXIe siècles, en particulier le groupe CoBrA, l’art figuratif contemporain et le surréalisme. Ce dernier sera justement à l’honneur avec une huile sur toile de l’artiste chilien Roberto Matta. Le Menducateur, peint en 1950, repose sur une « utilisation de formes abstraites par l’artiste qui met en scène un protagoniste mi-homme, mi-machine, qui flotte dans un univers rouge vif. Un tableau qui laisse songeur », souligne la galerie.

Roberto Matta, Le Menducateur, 1950, huile sur toile. Prix : 310000 euros. © VG Bild Kunst Die Galerie

Une exceptionnelle statue égyptienne chez Cybele

La galerie Cybele, fondée en 1988 à Paris, met à l’honneur l’Antiquité et, en particulier, l’Égypte ancienne. Elle dévoile une rare statue en calcaire de l’Ancien Empire (2345-2181 avant J.-C.), représentant Hem Menou, « une sorte de ministre des Finances de l’époque, qui s’occupait notamment du trésor du pharaon Pépi sous la Ve ou la VIe dynastie », précise Tanguy Moreau, expert de la galerie. En très bon état de conservation, la pièce montre de beaux restes de polychromie. Elle fut étudiée en 1963,dans la revue Jarce (Journal of the American Research Center in Egypt), par le grand égyptologue Henry George Fischer.

Statue assise au nom de Hem Menou, Égypte, Ancien Empire, VIe dynastie, calcaire. Prix : autour de 300000 euros. © Galerie Cybele

Une vie secrète de Magritte chez De Jonckheere

Établie à Genève, la galerie De Jonckheere, initialement basée à Bruxelles, est spécialisée dans l’étude et la vente de tableaux flamands du XVe au XVIIe siècle, mais aussi de l’art du XXe siècle. À la Brafa, elle présente sur son stand une œuvre de René Magritte, figure majeure du surréalisme belge. La Vie secrète, exposée de nombreuses fois au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles dans les années 1930 et 1950, témoigne de ce que le peintre appelait « la poésie visible », qui évoque une composition picturale interrogeant le mystère permanent du monde. « Ce tableau est un unicum dans l’œuvre de l’artiste », souligne Laura De Jonckheere.

René Magritte, La Vie secrète, vers 1920-1930, huile sur toile. Prix : 750000 euros. © De Jonckheere Gallery

Bouddha en majesté chez Christophe Hioco

La galerie Hioco, installée à Paris, exerce son expertise dans le domaine de la statuaire ancienne de l’Inde et du monde indianisé, en attachant une grande attention à l’originalité des pièces, à leur qualité et, surtout, à leur provenance. Elle dévoile aux visiteurs de la Brafa une rare tête de Bouddha en grès rouge, originaire d’Inde du Nord (Mathura) et datée de la période Gupta (IIIe-VIe siècles). Depuis la fin des années 1960, l’œuvre était restée au sein d’une collection privée suisse.

Tête de Bouddha, grès rouge, Inde du Nord (Mathura), période Gupta, début du ive siècle. Prix : 60000 euros. © Galerie Christophe Hioco