Installée dans un vaste espace avenue Matignon, au cœur d’un quartier de galeries parisiennes en pleine expansion, la Galerie Taménaga représente de nombreux artistes, parmi lesquels Nuit Sano, Naoko Murata et Lorenzo Fernández. Elle propose actuellement à Paris « Floating Worlds », une exposition de Kyosuke Tchinai.
Kiyomaru Taménaga n’envisageait pas initialement de rejoindre l’entreprise familiale. C’est en découvrant le fonctionnement de la galerie parisienne, toujours établie à son adresse historique de l’avenue Matignon, qu’il a changé d’avis.
« Je cherchais encore ma voie et j’avais effectué plusieurs stages dans différents secteurs, sans trouver quelque chose qui me donne véritablement envie de poursuivre, raconte-t-il. Un été, l’un des directeurs de la galerie parisienne m’a proposé d’y travailler. J’ai alors découvert à quel point le monde de l’art était passionnant, car chaque œuvre possède sa propre histoire. »
Cette expérience a été décisive. Convaincu d’avoir trouvé sa vocation, Kiyomaru a décidé de s’y consacrer pleinement. Ni lui ni sa sœur Ami n’ont pourtant subi de pression familiale pour rejoindre la galerie. Tous deux ont choisi de poursuivre l’aventure initiée par leur grand-père et développée par leur père. L’enseigne possède aujourd’hui quatre implantations, à Paris, Tokyo Kyoto et Osaka.
« Ce n’était pas nécessairement la voie que j’avais imaginée, mais j’ai toujours su que je voulais travailler au contact de l’art, explique Ami. J’ai aussi toujours cru aux artistes défendus par ma famille, dont j’aimais profondément le travail. Après l’arrivée de Kiyo, on m’a demandé si je souhaitais rejoindre la galerie à mon tour. Pour moi, la réponse allait de soi. J’ai grandi en aimant ces artistes et en croyant à ce que mon grand-père avait créé et que mon père avait continué à développer. »
Kiyoshi Taménaga a joué un rôle déterminant dans la découverte par les collectionneurs japonais d’artistes comme Amedeo Modigliani, Kees van Dongen, Marc Chagall et Chaïm Soutine. Grâce à ses liens d’amitié avec les peintres Foujita et Takanori Oguiss, il a rencontré de nombreux artistes et commencé à montrer leurs œuvres au Japon lors d’une exposition annuelle. C’est sur cette activité qu’il a bâti sa galerie, avant de développer ses implantations en France et dans son pays natal. Il a également contribué à faire connaître des artistes japonais au public parisien.
Pour Ami et Kiyomaru, la confiance et les relations tissées au fil des décennies avec les artistes et les collectionneurs demeurent au cœur du modèle de la galerie.
« Mon père a découvert les artistes de sa génération auxquels il croyait. Il a développé leur marché et constitué un réseau de collectionneurs autour de leur travail, explique Kiyomaru. Nous bénéficions aujourd’hui de cet héritage, mais nous souhaitons découvrir à notre tour des artistes en qui nous croyons et accompagner leur développement. Mon grand-père et mon père nous ont toujours dit que travailler avec un artiste, c’était presque comme un mariage. »
Les artistes avec lesquels le frère et la sœur souhaitent désormais collaborer partagent certaines des préoccupations qui traversent l’exposition actuelle, « Floating Worlds », notamment le rapport à la nature. Ce thème est profondément ancré dans la culture japonaise, et rejoint aussi l’intérêt croissant d’une partie de la scène contemporaine pour l’écologie et l’environnement. Kiyomaru et Ami portent également leur attention sur les artistes japonais contemporains qui renouvellent les techniques traditionnelles de la laque.
Tout en préservant l’héritage de leur grand-père, les deux jeunes galeristes entendent ainsi imprimer leur propre marque à l’entreprise familiale. Aux côtés de leur père, Tsugu Taménaga, ils assurent désormais la continuité d’une galerie dont l’histoire est indissociable des échanges artistiques entre la France et le Japon. Reste à voir comment leurs choix contribueront à écrire le prochain chapitre de cette aventure commencée il y a plus d’un demi-siècle.
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« Kyosuke Tchinai, Floating Worlds », du 8 au 31 octobre 2026, Galerie Taménaga, 18, avenue Matignon, 75008 Paris




