Le Mensuel
Newsletter
Abonnements
Le Mensuel
Newsletter
Art Basel Paris fair editions
L'éditorial de la semaine
Expositions
Marché de l'art
Musées et institutions
Patrimoine
Art Basel Paris fair editions
L'éditorial de la semaine
Expositions
Marché de l'art
Musées et institutions
Patrimoine
Marché de l'art
Actualité

Offscreen 2026, une autre image

Le salon de l’image en mouvement, plus proche d’une exposition que d’une foire, poursuit son exploration buissonnière au sein de la Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière. Soit 28 installations à (re)découvrir.

Bernard Marcelis
22 octobre 2026
Partagez
Ken Ohara, « Grain », 1993 (épreuves gélatino-argentiques marouflées sous Plexiglas, 240 x 197 cm), Installation, La Patinoire Royale Bach (Bruxelles) Photo B.M.

Ken Ohara, « Grain », 1993 (épreuves gélatino-argentiques marouflées sous Plexiglas, 240 x 197 cm), Installation, La Patinoire Royale Bach (Bruxelles) Photo B.M.

Comme à l’opéra, on compte plusieurs scènes à OFFSCREEN. Dès l’entrée, le volet métallique de Giovanni Ozzola (Galleria Continua) s’ouvre littéralement, éblouissant le visiteur d’une mer irisée à l’horizon infini, tandis qu’à la fin du parcours, celui-ci bute sur la « palissade » du Ghanéen Ibrahim Mahama (par ailleurs invité principal de la Fondation Cartier jusqu’au 28 février 2027). L’image de ce gigantesque chantier africain explore « l’héritage de la domination coloniale et les processus d’effacement, de dégradation et d’appropriation qui l’accompagnent » grâce à la technique du collage. Cette citation est extraite du long cartel qui accompagne chacune des 28 installations de cette manifestation. La présence de ces légendes témoigne d’un véritable souci de médiation professionnelle dont bénéficie la manifestation, confirmant ainsi son aspect curatorial qui lui confère un statut particulier par rapport aux autres foires satellites parisiennes, sans compter la majesté des lieux. S’il s’agit de la cinquième édition d’Offscreen, c’est la seconde à la Salpêtrière. Elle s’avère différente de la première qui avait d’autres atouts, mais bénéficie de cette expérience antérieure pour proposer une scénographie aux ambitions renouvelées.

Fidèle à son postulat de proposer une sélection d’œuvres composées d’images fixes (photographies) ou en mouvement (films et vidéos), le plus souvent proposées sous la forme d’installation, la manifestation brasse large, tout en restant concentrée sur des réalisations allant de 1970 à aujourd’hui. Autrement dit, d’artistes issus des avant-gardes devenues historiques jusqu’à ceux d'aujourd’hui, tous ayant une pratique singulière des images et de leur narration. Il en résulte presque autant de présentations monographiques, sans trop d’interférences entre les unes et les autres.

Giovanni Ozzola, « Garage - Sometimes you can see much more », 2009-2011 (Vidéo HD, couleur, son, 7 min.) Photo: B.M.

Parmi les installations d'envergure, on ne manquera pas celle, multi-écrans, de la pionnière islandaise Steina Vasulka (BERG Contemporary), tout comme d'une autre pionnière, quant à elle canadienne, Suzy Lake et son travail sur le corps et l'identité (Bradley Ertaskian) ; les pièces sculpturales d'Esther Mathis (Livie Gallery) jouant des interactions entre lumière artificielle et naturelle, de Livia Melzi (Salon/H) et sa variation sur Le théâtre cannibale de Bry. Sans oublier l'envoûtante constellation sculpturale vidéographique Capriccio de Valentina Furian (UNA) ou encore le film autoportrait épique de l'artiste au travail de Rinus Van de Velde (Max Hetzler).

Convoquant à la fois Jean-Luc Godard, Blow-Up et Susan Sontag, Barbara Bloom signe pour sa part un audacieux triptyque sculpturo-photographique tenant à la fois de la mise en abîme et de la rhétorique tautologique conceptuelle prise à bon escient (Gisela Capitain & Capitain Petzel).

Dans les coulisses – Les Magasins – on change d'ambiance et de temporalité avec l'intrigante scénographie visuelle et sonore d'Andrea Geyer en hommage à Chantal Akerman (Zander Galerie) au milieu des archives historiques de la Chapelle. On peut également s'attarder sur les films-installations de Javier Téllez (Pinault Collection) et Theaster Gates (Whitney Museum of American Art), dans le cadre d'une collaboration avec ces institutions majeures.

Seul bémol, l’hommage rendu à l’artiste cubo-américaine Ana Mendieta (1948-1985) - pionnière féministe et multidisciplinaire de l’exploration du corps ou de sa silhouette au prisme de la nature et du paysage - transformé ici en une sorte de mausolée vidéographique hors proportion. Comme l’avait très bien montrée la riche rétrospective que lui a consacré le MO.CO. Panacée (Montpellier) en 2023, il y a chez elle une économie obligée de moyens qui renvoie à l’intime. Cet aspect est malheureusement absent ici en raison de l’agrandissement inadéquat de six de ses vidéos.

---

« OFFSCREEN Paris », jusqu’au 25 octobre 2026, Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, Parc Marie-Curie, 47 boulevard de l’Hôpital, 75013 Paris,www.offscreenparis.com

Marché de l'artFoires et salonsOffscreenChapelle Saint-Louis, hôpital de la Pitié-SalpêtrièreArt ContemporainAna Mendieta
Partagez
Abonnez-vous à la Newsletter
Informations
À propos du groupe The Art Newspaper
Contacts
Politique de confidentialité
Publications affiliées
Cookies
Publicité
Suivez-nous
Instagram
Bluesky
LinkedIn
Facebook
X
Ce contenu est soumis à droit d'auteurs et copyrights

À lire également

Marché de l'artActualité
25 avril 2025

Ouverture encourageante pour Art Brussels

Malgré un démarrage plus lent qu’à l’accoutumée pour la Foire bruxelloise, les perspectives restent des plus optimistes chez les exposants.

Bernard Marcelis
Marché de l'artActualité
14 novembre 2023

Luxembourg Art Week 2023, une édition plus homogène

L’événement d’art contemporain a poursuivi sa mue vers une foire internationale plus professionnelle et qualitative.

Bernard Marcelis
Marché de l'artActualité
19 octobre 2023

À Paris Internationale, la peinture en majesté

Pour sa neuvième édition, la foire d’art contemporain Paris Internationale célèbre la peinture sous toutes ses formes et ses supports, avec un focus berlinois.

Bernard Marcelis
Marché de l'artActualité
16 décembre 2024

En Belgique, Art Antwerp 2024 défie la morosité

La 4e édition de la foire belge d’art contemporain s’est terminée dimanche soir, 15 décembre 2024, dans une certaine allégresse, avec de fréquents bons résultats.

Bernard Marcelis