Selon l’ordonnance de mise en accusation que Libération a pu consulter, le quotidien, à l’origine d’une enquête fouillée, a révélé la décision des juges d’instruction de Bobigny de renvoyer l’artiste français devant la cour criminelle départementale de Seine-Saint-Denis pour des faits de viols et d’agressions sexuelles commis sur trois mineurs, entre 1989 et 2007. Ses avocats ont interjeté appel de cette décision. « Claude Lévêque espère pouvoir être jugé dans un délai raisonnable et dans un climat apaisé », ont-ils déclaré.
Le procès de Claude Lévêque, aujourd’hui âgé de 73 ans, fait suite à plusieurs plaintes. Cette figure de l’art contemporain, qui a notamment représenté la France à la Biennale de Venise en 2009, avait été mise en examen en 2023 et placée sous contrôle judiciaire.
La première plainte a été déposée en 2019. Le sculpteur Laurent Faulon affirme alors avoir été agressé et violé, adolescent, par l’artiste. Si ces faits sont aujourd’hui prescrits, l’enquête judiciaire déclenchée par sa plainte a ouvert la voie à d’autres témoignages recueillis par la suite, dont ceux de deux frères originaires de la Nièvre. Les magistrates décrivent une relation d’emprise, un système s’appuyant sur « son aura d’artiste contemporain renommé », établissant des liens de proximité avec les familles des victimes, associées par ailleurs à sa production artistique. Rétrospectivement, l’omniprésence de références à l’enfance dans les œuvres de l’artiste trouve un écho troublant depuis ces révélations.
Claude Lévêque, qui bénéficie de la présomption d’innocence, comparaîtra à ce procès, retardé par l’appel, après avoir « activement concouru à l’instruction » et « présenté ses excuses aux parties civiles », ont déclaré ses avocats à Libération.



