Jeu de chaises avenue Matignon. La prestigieuse artère du 8e arrondissement de Paris voit, en cette rentrée, plusieurs espaces changer d’occupants. Ainsi, la galerie Mitterrand va-t-elle s’installer cet automne au 28, avenue Matignon. Cet espace était précédemment occupé par la galerie Mennour, qui, elle, a repris avant l’été la galerie de son confrère d’art moderne Daniel Malingue. Mitterrand se retrouve donc juste à côté de Mennour, sur le même trottoir. « Nous cherchions un espace avec plus de visibilité sur rue, aspect qui a plus d’importance dans ce quartier avec la proximité de Christie’s, Sotheby’s et du Bristol et qui draine un public de promeneurs souvent étrangers. Paris est actuellement une bonne vitrine pour l’art, il y vient beaucoup d’Américains qui y achètent des appartements », confie Edward Mitterrand. L’inauguration est prévue le 19 octobre, coïncidant avec la Nocturne Matignon-Saint-Honoré fédérant tout le quartier pendant la semaine de l’art autour d’Art Basel Paris. L’ouverture au public est fixée au lendemain, le 20 octobre.
« Nous serons à deux minutes à pied de notre autre adresse rue du Faubourg-Saint-Honoré, que nous gardons », précise le galeriste. Avec ses deux fois 45 m2, le nouvel espace est donc plus petit que les 250 m2 du Faubourg, mais plus visible. Outre son emplacement en or, le local avait été récemment redessiné par l’architecte d’intérieur très recherché Pierre Yovanovitch et n’a donc pas nécessité de travaux. La proximité de Mennour est également un atout. « Kamel Mennour aura une activité plus forte avec son nouvel espace et son développement du second marché », souligne Edward Mitterrand. En revanche, admet-il, il était devenu difficile de garder en plus l’adresse du Marais pourtant ouverte voici deux décennies, en 2004, tant à cause de la conjoncture que d’équipes guère extensibles. La galerie du Marais a donc été discrètement fermée en juin dernier.
Arrivée dans le Triangle d’or en 2024 avec une première adresse, la galerie Mitterrand – qui défend aussi bien le travail des Lalanne que celui de Carlos Cruz-Diez ou d’Anne et Patrick Poirier, parmi de nombreux autres artistes – se recentre donc ici pleinement dans ce quartier.
Autre jeu de chaises musicales : le départ de la galerie Almine Rech, qui a fermé cet été son espace de l’avenue Matignon, profite à Hélène Bailly Marcilhac, positionnée sur le second marché, principalement l’art du XIXe siècle et moderne. La jeune femme s’installera en octobre au numéro 18 de cette avenue, donc à proximité de ses deux confrères évoqués plus haut. Elle aussi conservera son espace actuel situé à proximité, tout près du Bristol, sur le Faubourg-Saint-Honoré. « Je suis ravie d’avoir plus de surface pour montrer des œuvres au lieu de les garder dans des réserves, précise-t-elle. Et symboliquement, je suis très heureuse de récupérer cet espace, qui était celui de mes parents [également marchands, ndlr] il y a 40 ans ! »




