Le 5 décembre 1926 disparaissait Claude Monet. 2026 marque ainsi le centenaire de la mort du maître, un anniversaire célébré en particulier en Île-de-France et en Normandie, puisque le peintre, né à Paris le 14 novembre 1840, a travaillé aussi bien dans la capitale qu’au Havre (Seine-Maritime), à Vétheuil (Val-d’Oise) et à Giverny (Eure). L’exposition « Monet au Havre » au MuMa – musée d’Art moderne André-Malraux, au Havre, revient justement sur les années de jeunesse de celui qui a grandi dans la cité portuaire. Cette édition du Festival Normandie Impressionniste est donc tout naturellement centrée sur l’auteur d’Impression, soleil levant (1872).
DES PROPOSITIONS SENSORIELLES
Déployé à l’échelle de cette vaste région, le programme imaginé par le directeur général et directeur artistique Philippe Platel est cette année encore de très haut niveau, à commencer par les deux immenses nymphéas en LEGO d’Ai Weiwei exposés dans ce même musée havrais. Un autre artiste chinois exilé est à l’affiche, Cai Guo-Qiang, qui a bénéficié d’une résidence dans la commune de Vernon (Eure), à quelques kilomètres de Giverny. Ce dernier y a d’ailleurs lancé un feu d’artifice en hommage au grand peintre sur les bords de Seine, mariant éléments pyrotechniques et mille drones colorés. Dans son atelier normand, le Chinois de New York a produit une série de nouvelles toiles à la poudre à canon qui dialogue tout l’été avec l’architecture de l’abbaye du Mont-Saint-Michel (Manche).
Toujours à Vernon, au musée Blanche Hoschedé-Monet, Lionel Sabatté présente « La Mémoire du limon », un ensemble d’images sérigraphiques sur toile réalisées à partir du limon prélevé lors du curage du bassin aux nymphéas à Giverny. L’artiste a puisé dans les archives photographiques familiales du commissaire Philippe Piguet pour offrir comme un retour aux sources, la terre devenant un révélateur pour Claude Monet et son jardin si inspirant. Dans une évocation plus métaphorique, le studio Drift expose à Rouen (Seine-Maritime), dans l’église Sainte-Croix-des-Pelletiers, le ballet mécanique de son Meadow, jardin suspendu, comme des fleurs mobiles qui s’ouvrent et se referment.
Dans la salle capitulaire de l’abbaye Saint-Georges de Boscherville (Seine-Maritime), Ange Leccia projette une version revisitée de son installation vidéo (D’)Après Monet (2020) qui se concentre sur les nénuphars. L’artiste dévoile en extérieur une œuvre totalement inédite reprenant le vocabulaire de ses Arrangements, soit deux rangées de trente-cinq brouettes accueillant dans leurs bennes des fleurs, pour composer un ikebana géant. Les plantes sont également au cœur des créations tout en dentelles de Diana Scherer à l’église Saint-Nicolas de Caen (Calvados). L’héritage de Claude Monet peut se lire encore dans les œuvres de Jacques Perconte au musée Michel-Ciry à Varengeville-sur-Mer (Seine-Maritime), de Noémie Goudal au Portique au Havre ou de Janaina Tschäpe à l’Aître Saint-Maclou à Rouen. Exposée au Centre photographique Rouen Normandie, Sarah Moon s’est elle aussi aventurée jusqu’à Giverny.
Enfin, trois artistes proposent des paysages plus mentaux et sensoriels : Mika Ninagawa projette Floraison sauvage sur la cathédrale de Rouen le soir venu ; sa compatriote japonaise Fujiko Nakaya plonge le visiteur dans le brouillard au Jardin des personnalités à Honfleur (Calvados), tandis que Céleste Boursier-Mougenot invite petits et grands à prendre place sur des balançoires au Frac Normandie Caen pour activer des cloches. Une musique qui résonnera longtemps dans les oreilles d’un public qui en aura déjà pris plein les yeux.
-
Normandie Impressionniste, 29 mai-27 septembre 2026, divers lieux en Normandie.



