À l’orée du château de Versailles, l’heure des travaux semble bientôt venue. Niché à quelques pas du grand palais des rois de France, l’ancien couvent des Récollets pourrait bientôt ouvrir un nouveau chapitre de son histoire. Édifié en 1684 par Jules Hardouin-Mansart pour l’ordre des Franciscains, cet édifice a successivement accueilli, après la Révolution française, une prison, une infirmerie et une caserne. Toujours propriété de l’État, il devrait être confié à un opérateur privé dans le cadre d’un projet de reconversion, visant probablement à le transformer en hôtel, selon les informations du journal Le Monde.
Estimant que ce bâtiment patrimonial est devenu trop vaste au regard de ses besoins, l’armée avait déjà cherché à céder les Récollets en 2021. Le site, qui accueille encore certains de ses services techniques, avait alors été présenté à des investisseurs lors de l’Exposition universelle de Dubaï. Le tout, pour une estimation de 50 millions d’euros. Mais l’opération n’a pas abouti.
François de Mazières, maire de la Ville engagé depuis plus de dix ans en faveur de la reconversion de l’ex-couvent, estime aujourd’hui que le projet repart sur de nouvelles bases. « Un appel à candidatures va être organisé, mais au lieu d’une vente classique, l’idée consiste à proposer un bail de très longue durée », précise le maire, interrogé par Le Monde. Dans cette configuration, le locataire retenu obtient généralement l’usufruit du bien pour vingt ans, cinquante ans ou même quatre-vingt-dix-neuf ans, en échange d’un paiement initial, habituellement important, et d’un loyer annuel, plutôt symbolique. Ainsi, l’administration française en conserverait la nue-propriété.
Bien au-delà du seul cas versaillais, cette opération témoigne de l’évolution de la politique patrimoniale de l’État, désormais orientée vers la conservation de ses actifs immobiliers. Propriétaire d’un vaste parc d’immeubles, la puissance publique a fait évoluer sa stratégie de gestion, comme le souligne Le Monde. Après avoir cédé de nombreux bâtiments sous les présidences de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy, elle privilégie désormais les baux de longue durée. Cette approche lui permet de conserver la propriété de ses édifices tout en en confiant la valorisation à des opérateurs tiers.
Quant à l’ancien couvent des Récollets, l’armée continuera de l’occuper jusqu’en 2029. Une fois les locaux libérés, la municipalité imagine voir l’édifice, son cloître et son jardin à la française transformés en hôtel haut de gamme. L’établissement pourrait ainsi répondre à la forte fréquentation touristique générée chaque année par le château de Versailles et le palais des congrès de la ville. En complément des 4 800 m² existants, le futur exploitant aurait la possibilité d’aménager un parking ainsi que des espaces en sous-sol, mais aussi de construire de nouvelles surfaces à l’emplacement d’une église aujourd’hui disparue.




