Du 5 au 7 juin 2026 s’est déroulé le Festival de l’histoire de l’art, rendez-vous annuel qui a réuni le monde de spécialistes et un public d’amateurs et de curieux sous l’égide du ministère de la Culture, de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA), dans le cadre du château de Fontainebleau. À cette occasion, le Grand Prix du Festival de l’histoire de l’art 2026 a été décerné. Cette distinction a pour objectif de distinguer et d’encourager toute initiative exemplaire menée au cours de l’année dans le domaine artistique, qu’il s’agisse d’une restauration, d’une exposition, d’une publication, d’une enquête, d’un film ou encore d’une émission. Elle a été attribuée cette année à Sophie Cras et Charlotte Guichard pour leur ouvrage commun Vendre son art : de la Renaissance à nos jours (Seuil, 2025).
« Ce livre très bien pensé et écrit a le mérite de nous plonger dans l’histoire longue du marché de l’art depuis la Renaissance jusqu’à notre époque, où l’on accuse volontiers les artistes d’être trop « intéressés » par la réussite économique. Cela n’est pas nouveau, nous répondent les autrices, qui ne manquent pas de subtilité pour redonner aux œuvres toute leur place – sans faire des artistes des saints au-dessus des contingences. De très nombreux cas sont étudiés, d’Albrecht Dürer à Frida Kahlo et d’Artemisia Gentileschi à Kehinde Wiley, en passant par Rembrandt, Manet, Berthe Morisot, Rosa Bonheur ou Banksy », expliquent les organisateurs.
Maîtresse de conférences en histoire de l’art contemporain à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Sophie Cras est spécialiste des relations entre art, économie et héritages coloniaux. Elle a notamment publié L’Économie à l’épreuve de l’art. Art et capitalisme dans les années 1960 (Les Presses du réel, 2018), Écrits d’artistes sur l’économie. De modestes propositions (B42, 2022) et L’Œil capitaliste. Musées, commerce et colonisation (Flammarion, 2026).

Charlotte Guichard. D.R.
Charlotte Guichard, quant à elle, est historienne de l’art moderne et professeure à l’École normale supérieure (ENS – PSL). Ses recherches portent sur l’histoire des collections, du patrimoine et du marché de l’art à l’époque moderne. Elle s’intéresse aujourd’hui aux représentations et aux imaginaires coloniaux dans l’art français du XVIIe au XIXe siècles. Parmi ses principales publications figurent Colonial Watteau. Empire, Commerce and Galanterie in Regency France (Deutscher Kunstverlag, 2022) et La Griffe du peintre. La valeur de l’art (1730-1820) (Seuil, 2018). Elle a également codirigé, avec Bénédicte Savoy et Christine Howald, l’ouvrage collectif Acquiring Cultures : Histories of World Art on Western Markets (De Gruyter, 2018).
Réunissant des personnalités reconnues du monde de l’art, le jury a retenu son choix parmi les propositions formulées par le comité scientifique du Festival de l’histoire de l’art. Présidé par Laurence Bertrand Dorléac, ce comité rassemblait vingt-trois spécialistes issus des musées, de l’enseignement supérieur, des associations professionnelles et de la création artistique.
Les deux historiennes de l’art succèdent à Sophie Caron et Annie Hochart-Giacobbi, lauréates en 2025 pour l’exposition « Revoir Van Eyck. La Vierge du chancelier Rolin » (2024, musée du Louvre) et la restauration de cette œuvre majeure.




