Le remplacement des six vitraux ornementaux de Notre-Dame de Paris par des œuvres contemporaines conçues par Claire Tabouret pourra se poursuivre, malgré la contestation des défenseurs du patrimoine. Le juge des référés du tribunal administratif de Paris a rejeté « la demande de suspension de la décision du préfet de la région Île-de-France autorisant la dépose et la restauration de six vitraux ornementaux de la nef et leur remplacement par six nouveaux vitraux contemporains », indique le tribunal dans un communiqué. Ces vitraux ornant les baies des chapelles du bas-côté sud de la nef de la cathédrale ont été réalisés en 1864 par le peintre-verrier Alfred Gérente dans le cadre du programme de travaux conduit par l’architecte Eugène Viollet-le-Duc sur l’île de la Cité. Le juge a estimé que « la condition d’urgence, nécessaire à la suspension d’une autorisation d’urbanisme », n’est pas constatée car « les travaux autorisés ne présentent pas un caractère irréversible ».
Ces travaux, prévus cette année, entre juin et octobre, avaient été décidés dans le cadre de la restauration de la cathédrale après l’incendie d’avril 2019. Claire Tabouret avait été sélectionnée en décembre 2024, à l’issue d’un appel à projets lancé par l’État et le diocèse de Paris, qui souhaitaient inscrire une création contemporaine dans la cathédrale. Les maquettes grandeur nature, esquisses et travaux préparatoires de l’artiste ont ensuite été présentés du 10 décembre 2025 au 29 mars 2026 au Grand Palais, dans l’exposition « Claire Tabouret. D’un seul souffle », associée à « Eva Jospin. Grottesco », qui ont accueilli ensemble 324 007 visiteurs. Ce projet contemporain a cependant suscité une vive polémique, les six vitraux concernés n’ayant pas été endommagés par l’incendie. Depuis, une pétition de défenseurs du patrimoine a été signée par quelque 340 000 personnes. Deux associations de défense du patrimoine, Sites et monuments et SOS Paris, ont fini par saisir la justice pour demander la suspension de la dépose. Le 28 novembre 2025, le tribunal administratif de Paris avait déjà confirmé la légalité de ce marché public, déboutant ainsi l’association Sites et monuments qui la contestait.
Le président de Sites et Monuments, Julien Lacaze, a qualifié la décision du juge des référés de « demi-déception ». Il a expliqué que l’association espérait obtenir gain de cause, estimant disposer d’arguments particulièrement solides. Il a ainsi rappelé que la procédure se poursuit et s’est montré confiant en vue du jugement sur le fond, dont la date n’a pas encore été fixée. Selon lui, le classement intégral de la cathédrale Notre-Dame de Paris au titre des monuments historiques garantit la conservation des vitraux réalisés à la demande d’Eugène Viollet-le-Duc. Il a également indiqué que des créations contemporaines pourraient néanmoins être installées dans d’autres espaces de la cathédrale qui ne possèdent pas de vitraux.


