Le ciel est tombé sur la tête de plus d’un Gaulois, par Toutatis ! Le maire fraîchement élu de Carnac, charmante cité bretonne du littoral du Morbihan, célèbre pour ses spectaculaires alignements de menhirs, a annoncé lors de son installation à la mairie, le 28 mars, suspendre le projet de musée de Préhistoire, acté par la majorité sortante dans le cadre de l’inscription des mégalithes de Carnac sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco. Dans un communiqué publié ce 9 avril, l’édile a confirmé la suspension « à titre conservatoire ».
Alexandre Lanoë, âgé de 40 ans, a justifié cette décision en expliquant au micro d’ICI Armorique qu’il s’était « mis d'accord avec la Préfecture et le Département du Morbihan pour réétudier le modèle économique de ce projet ». L’élu estime qu’il représente « un risque grave pour les finances de la commune, le quotidien et l'avenir des Carnacois ». Il évoque notamment « des projections budgétaires insuffisamment travaillées », plaidant pour retravailler ce modèle afin d’« éviter que ce soit la chronique d'un désastre annoncé ».
En avançant la sauvegarde des finances de la commune de 4 200 habitants pour remettre en cause un projet porté de longue date, qui devait renforcer le rayonnement de ce site unique prisé chaque année par des visiteurs du monde entier, le nouveau maire a créé la stupeur et suscité une levée de boucliers. La mise à l’arrêt du chantier, lancé le 23 février dernier, pourrait entraîner la perte du label Unesco pour l’ensemble du territoire concerné, alerte l’association Menhirs libres.
Le projet de nouveau musée, porté depuis 2020, devait remplacer celui existant – un ancien presbytère dont la dimension et l’état vétuste ne sont plus à la hauteur d’un site classé au Patrimoine mondial de l’Unesco. Sur un budget estimé à 16,8 millions d’euros hors taxes (20 millions d'euros), l'État, la Région, le Département et la communauté de communes d’Auray Quiberon Terre Atlantique (Aqta) apportaient leur soutien à hauteur de 8,5 millions d’euros. Soit 8 millions restant à la charge de la commune. Alexandre Lanoë a estimé à 2 millions d’euros le coût de l’arrêt du projet. La commune devra également rembourser les subventions déjà versées à hauteur de plus de 1 million d’euros.
Le musée de Préhistoire « constitue la pierre angulaire du projet global de mise en valeur et de protection des mégalithes », a prévenu David Robo, le maire de Vannes. Sa ville détient une part importante des collections qui devaient y être présentées.




