Art Cologne avait déjà organisé une foire à Palma, il y a quelques années. La période actuelle vous semble-t-elle plus favorable ?
Palma et plus généralement l’île de Majorque ont connu d’importantes transformations depuis que mon prédécesseur [Gérard Goodrow] y avait proposé une foire en septembre 2007. Majorque est passée d’une destination perçue en premier lieu comme touristique et bon marché à une destination de luxe reconnue, mise en avant de façon régulière dans les médias internationaux spécialisés dans l’art de vivre. La scène artistique a aussi évolué : de quelques galeries initialement, elle offre désormais un large éventail d’espaces, incluant des enseignes bien établies, telles que Pelaires et Kewenig, des galeries plus ou moins émergentes, comme Florit/Florit, Lundgren et Baró Galería, et des lieux plus récents, tels la Galería Fermay et Stain Projects. Au cours de ces dernières décennies, Palma, en particulier, s’est considérablement développée et se positionne aujourd’hui aux côtés d’autres grands centres artistiques.
Il existe bien sûr une forte connexion allemande, mais pas uniquement. De nombreux collectionneurs scandinaves – de Copenhague, Stockholm et Oslo – ainsi que certains Suisses et Autrichiens, et depuis peu des Américains, sont présents et ont investi sur l’île. J’espère que la Foire pourra servir de pont entre ces différents groupes et communautés.
Comment définiriez-vous le profil de la Foire par rapport aux autres événements ?
La manifestation est singulière et reflète l’écosystème artistique de l’île. Aucune autre île en Méditerranée n’entretient un lien aussi fort avec l’art moderne et contemporain. Des artistes célèbres, tel le surréaliste espagnol Joan Miró, y avaient leurs ateliers, tout comme l’Allemande Rebecca Horn ou Miquel Barceló, l’artiste contemporain majorquin le plus connu. Plus remarquable encore, avec la création de l’association de galeries APC (Art Palma Contemporani), l’île dispose d’un réseau solide d’enseignes d’art contemporain – douze au total –, sans oublier une demi-douzaine de non-membres, comme Lundgren, Kant et Stain Projects. De nombreux collectionneurs espagnols, allemands, scandinaves et suisses possèdent une résidence secondaire ou principale sur l’île. C’est en quelque sorte un important creuset européen.
Cette première édition réunit quatre-vingts exposants, ce qui est bien plus qu’une « boutique fair ». Les galeries allemandes et espagnoles y sont majoritaires.
Il était primordial pour moi que la Foire se développe de manière organique, et non qu’elle arrive telle un ovni. Cela impliquait de donner la priorité aux enseignes majorquines et espagnoles. La Foire doit d’abord s’ancrer localement, avant de pouvoir s’internationaliser dans les années à venir. Ensuite, près de la moitié des galeries présentent des expositions monographiques ou en duo dans la section Parkour, celle-ci étant principalement composée de stands de 10 à 12 m². Ces microstands permettent de réduire les coûts pour les marchands, leur offrant la possibilité de prendre davantage de risques sans dépenses excessives. En somme, nous souhaitons redéfinir ce que peut être une foire, en mettant plus encore l’accent sur le réseautage et la création de liens, dans un cadre particulièrement attractif.
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Art Cologne Palma Mallorca, 9-12 avril 2026, palais des congrès, avenue Félix-Pons Irazazàbal, 07006 Palma, îles Baléares, Espagne.




