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La Galerie Gagosian choisit Paris pour exposer trois tableaux majeurs de Francis Bacon

Philippe Régnier
30 mars 2026
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Francis Bacon, Study from the Human Body, 1986, huile, pastel, peinture en aérosol et lettrage par transfert à sec sur toile, 198 × 147,5 cm. © The Estate of Francis Bacon. All rights reserved./DACS, London/ARS, NY 2026. Photo: Annik Wetter. Courtesy Gagosian

Francis Bacon, Study from the Human Body, 1986, huile, pastel, peinture en aérosol et lettrage par transfert à sec sur toile, 198 × 147,5 cm. © The Estate of Francis Bacon. All rights reserved./DACS, London/ARS, NY 2026. Photo: Annik Wetter. Courtesy Gagosian

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« Qu’il fût occupé à boire ou à peindre, Bacon était un héros : il ne cédait jamais sur son désir », écrit l’écrivain Yannick Haenel dans son ouvrage Blue Bacon (Gallimard / Folio, 2026). C’est ce que montrent trois tableaux insignes qui vont être présentés à la Galerie Gagosian, rue de Castiglione à Paris, du 11 avril au 30 mai 2026. L’enseigne a choisi d’exposer ici ces œuvres issues de la période tardive du peintre – Study from the Human Body — Figure in Movement (1982), Study from the Human Body (1986) et Man at a Washbasin (1989-1990) – pour souligner la relation particulière que l’artiste a entretenue avec la capitale française. Il a en effet bénéficié en 1971 d’une rétrospective majeure au Grand Palais marquée par le décès, la veille de l’ouverture, de son compagnon George Dyer. Francis Bacon a fréquemment séjourné à Paris, entre 1974 et 1987, fréquentant le légendaire Hôtel La Louisiane à Saint-Germain-des-Prés. Il a disposé à cette période d’un atelier à Paris, au 14 rue de Birague, dans le Marais, tout près de la place des Vosges

« J’ai organisé à New York et à Londres un certain nombre d’expositions importantes consacrées à Francis Bacon au cours des vingt dernières années, et Paris me semble être le lieu idéal pour réunir ces peintures tardives pour la première fois, nous confie Larry Gagosian. C’est une ville qui a eu un effet profond sur l’artiste et sur son œuvre. Notre galerie, près de la place Vendôme, constitue également un cadre idéal – chacune des trois toiles sera encadrée par les arcades historiques de la rue et visible par tout Paris, pour être vue et appréciée de tous. »

Francis Bacon dans son atelier de la rue de Birague, Paris, 1979. Photo : Edward Quinn, © edwardquinn.com. Courtesy Gagosian

Study from the Human Body — Figure in Movement (1982), typique avec son fond orange cadmium, témoigne de la fascination du peintre pour le cricket. Le corps tronqué et nu, montrant les attributs masculins, apparaît sur un piédestal et à proximité d’un miroir. Ce tableau avait fait partie de l’exposition mythique de Bacon à la Galerie Maeght-Lelong à Paris en 1984, qui avait attiré les foules et obligé la police à fermer la rue, rappelle dans son texte du catalogue Richard Calvocoressi. L’œuvre a été montrée pour la dernière fois dans « Francis Bacon : Unsichtbare Räume » à la Staatsgalerie à Stuttgart en 2016-2017.

Study from the Human Body (1986) présente une composition proche, avec un miroir se déployant à droite d’une figure déformée, vue de trois quarts. Cette fois, le fond est formé d’un aplat jaune vif qui donne à la peinture un rayonnement solaire. Peu exposée, cette toile faisait partie du parcours de « Bacon en toutes lettres [Francis Bacon : Books and Painting] », au musée national d’Art moderne-Centre Pompidou, à Paris, en 2019-2020.

Enfin, Man at a Washbasin (1989-1990) a été présentée dans la même exposition au Centre Pompidou, mais aussi lors de la Documenta IX à Cassel en 1992, qui a ouvert quelques semaines après le décès du peintre à Madrid, le 28 avril de la même année. Dans ce tableau, l’artiste reprend un sujet abordé dès 1954. Mais alors que dans cette première toile, aux tons sombres, le personnage était penché en avant à gauche vers le lavabo, ce dernier a changé de côté. La figure a pris des couleurs, un short bleu étant encore accroché à son pied gauche. Cette œuvre est « dérivée d’une photographie tirée des séquences d’un homme boxant réalisées par Eadweard Muybridge – un motif auquel l’artiste avait déjà recouru à plusieurs reprises. La position de la figure penchée au-dessus du lavabo laisse supposer un vomissement – geste extrême et involontaire, à la fois physique et psychique – qui ne peut que rappeler la mort de George Dyer. », écrit Richard Calvocoressi.

« C’est le privilège de l’artiste et de l’écrivain de donner corps à des personnages bien vivants, bien réels, malgré ce qui pourrait séparer ces derniers de la vérité quotidienne – parce que la participation de l’artiste consiste justement à y mettre du sien, et à recréer le sujet en fonction de sa propre vision de la réalité », déclare Francis Bacon dans Francis Bacon, le réel mis à nu, de Majid Boustany et Eddy Batache (publié par la Francis Bacon MB Art Foundation en mars 2026). Les trois tableaux majeurs exposés par la Galerie Gagosian rue de Castiglione en témoignent.

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« Francis Bacon », du 11 avril au 30 mai 2026, Gagosian, 9 rue de Castiglione 75001 Paris

EditorialGagosianLarry GagosianFrancis BaconYannick HaenelMajid BoustanyFrancis Bacon MB Art Foundation
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