C’est une découverte majeure pour la connaissance, qui ouvre la voie à de nouvelles analyses afin d’améliorer la lecture de ce texte antique. Le manuscrit grec du Xe siècle contient plusieurs traités d’Archimède de Syracuse. Le précieux feuillet manquant correspond à la page 123 où figure un extrait du traité De la sphère et du cylindre, Livre I, propositions 39 à 41.
Le palimpseste d’Archimède, conservé au Walters Art Museum à Baltimore, aux États-Unis, n’a pendant longtemps été accessible aux scientifiques qu’à travers les photographies réalisées en 1906 par Johan Ludvig Heiberg, aujourd’hui conservées à la Bibliothèque royale du Danemark. Passé par Jérusalem puis par Constantinople, il a appartenu à une collection privée française. En 1996, le ministère de la Culture a autorisé son exportation et sa vente aux enchères à l’actuel propriétaire.
Au début des années 2000, une campagne d’imagerie multispectrale a permis de révéler des textes majeurs d’Archimède mais aussi des fragments jusque-là inconnus de textes littéraires et philosophiques antiques. Cependant, trois pages, considérées comme perdues, ont disparu au cours de la circulation du manuscrit. Parmi elles, figure le feuillet identifié au musée des Beaux-Arts de Blois par Victor Gysembergh, chercheur au Centre Léon Robin de recherches sur la pensée antique (CNRS/Sorbonne Université).

L'enluminure ajoutée au XXe siècle sur l'autre face du feuillet retrouvé du palimpseste d’Archimède. © Musée des Beaux-Arts de Blois. Photo : IRHT-CNRS
Un texte de prières y recouvre partiellement des figures géométriques et un passage du traité scientifique, en grande partie lisible. Sur l’autre face, une enluminure ajoutée vers 1942 par le propriétaire du manuscrit, qui aurait ainsi tenté d’augmenter sa valeur marchande, représente le prophète Daniel entouré de deux lions. Le texte antique en dessous reste à ce jour inaccessible.
« Sous réserve des autorisations nécessaires, le chercheur envisage de mener les premières campagnes d’imagerie dans un délai d’un an, à l’aide d’une approche multispectrale couplée à une série d’analyses par fluorescence X sur synchrotron pour tenter de révéler le texte masqué par l’enluminure », indique le CNRS.




