Succession Jacques et Catherine Blin à l’hôtel des ventes Giraudeau à Joué-lès-Tours
Céramiste influent et prolixe, ardent défenseur de la céramique dès le milieu des années 1950 (il fut à partir de 1970 président de la chambre syndicale des céramistes et ateliers d’art de France), Jacques Blin ne tutoie pas, à l’instar d’un Georges Jouve, Pierre Székely ou même des Ruelland, les sommets dans le monde des enchères. Ses objets, reconnaissables entre tous par l’aspect nuagé produit par les oxydes appliqués sur l’émail, sont pourtant recherchés par les collectionneurs. La vente de la succession de sa femme et collaboratrice Catherine, disparue il y a un peu plus d’un an, permet de raconter l’œuvre et la vie d’un passionné qui a réussi avec brio à établir une relation très forte entre la forme et le décor. Riche de plus de 280 lots comprenant céramiques et documents, l’ensemble comprend notamment photographies, carnets de dessins et croquis (parfois estimés quelques dizaines d’euros), souvenirs de celui qui se destinait à une carrière d’ingénieur. Suivent ensuite 70 céramiques, petits objets usuels du quotidien (Cassolette en biscuit, est. 60-80 euros) ou petites sculptures (Cygne bleu, est. 50-80 euros) et surtout des pièces de forme comme cette importante amphore émaillée brune estimée de 4 000 à 6 000 euros. La vente permet de comprendre l’influence déterminante du peintre Jean Rustin (Composition, huile sur toile, est. 400-600 euros), rencontré à Paris vers 1955. L’artiste guide le céramiste vers des décors tracés à la mine de plomb sur la terre, qui deviendront sa signature (paire d’appliques émaillée verte, est. 400 à 600 euros).
« Céramiques : Succession Jacques et Catherine Blin », mercredi 11 février, Hôtel des ventes Giraudeau, 25, rue Joseph Cugnot, 37300 Joué-lès-Tours, www.hotel-ventes-giraudeau-tours.fr

Edward Burne-Jones, Deux études de nus féminins pour 'enus Concordia, crayon noir et rehauts de blanc sur papier préparé au lavis de sanguine. Courtesy Artcurial
Une collection privée symboliste chez Artcurial à Paris
En février 2025, la vente de la collection du marchand Gérard Lévy dédiée au symbolisme connaissait chez Artcurial un vif succès avec un résultat global de 1,5 million d’euros, pour 90 % de lots vendus. L’année a été faste pour le mouvement avec notamment une publication retraçant son histoire (Le symbolisme, Jean-David Jumeau-Lafond, éditions Citadelles & Mazenod, avril 2025) et une exposition « Into the dreams, Symbolism » (février-juin 2025) au musée Ordrupgaard à Copenhague (Danemark) conçue avec la participation de la collectionneuse Lucile Audouy. En ce début d’année, Artcurial présente une nouvelle collection privée française de 113 œuvres réalisées par les grands peintres symbolistes européens. Parmi les plus recherchés sur le marché, Odilon Redon (Méditation, fillette nue, 1906, crayon noir, estompe et pastel, est. 60 000-80 000 euros), Lucien Lévy-Dhurmer (La Vierge et sainte Anne, crayon noir, fusain et pastel, est. 4 000 à 6 000 euros) ou Edmond Aman-Jean (Jeune fille à la robe au voile, huile sur toile, est. 20 000-30 000 euros). À noter aussi, la présence dans la vente d’un artiste plus souvent présenté en Grande-Bretagne ou aux États-Unis, Edward Burne-Jones (deux études de nus féminins pour Venus Concordia, crayon noir et rehauts de blanc sur papier, est. 15 000 à 20 000 euros).
« Vision symboliste, une collection parisienne », mardi 10 février 2026, Artcurial, 7 rond-point des Champs-Elysées Marcel Dassault, 75008 Paris, www.artcurial.com


