Ceramic Brussels poursuit sur sa lancée. Cette foire exclusivement consacrée à la céramique contemporaine s’appuie sur les acquis de ses deux éditions précédentes : une scénographie originale en doubles cercles concentriques ; un Art Prize, désignant, après un appel à projets, dix lauréats ; une sélection de galeries tant spécialisées dans le domaine que plus généralistes ; et un artiste majeur comme invité d’honneur.
Les visiteurs sont ainsi accueillis par un spectaculaire ensemble du sculpteur Elmar Trenkwalder. Cette allégorie des cinq sens – longue de 7 mètres et haute de 3 mètres – s’inscrit dans une démarche combinant architecture et accumulation, ornementation et coloration, figuration et abstraction. Il en résulte des structures complexes dont les références plongent dans l’histoire de l’art tant occidentale qu’orientale. L’artiste autrichien bénéficie par ailleurs d’un solo show tout aussi conséquent sur le stand de la Galerie Bernard Jordan (Paris).

Lionel Sabatté, « Les Mouthes », 2025. Galerie Laurentin. Photo B.M.
La vingtaine de duos et solos shows constituent par ailleurs le point fort de cette manifestation, et certains valent à eux seuls le déplacement. On ne peut ainsi manquer l’important ensemble de pièces de Pablo Picasso proposé par la MALA Gallery (Nice) avec des prix allant de 8 000 euros pour les éditions à 80 000 euros pour les œuvres uniques, ni, dans le cadre d’Europalia Espagne, l’hommage au grand céramiste Enric Mestre (1936-2025) et ses structures architecturales minimalistes qui captent de façon tactile la lumière. C’est aussi de captation de lumière dont il est question dans le travail tellurique de Joan Serra (galerie Capazza, Nançay) qui adjoint à ses œuvres de la terre volcanique (de 3 000 à 4 500 euros), formant ainsi un intéressant duo avec les stèles monumentales de Claudi Casanovas.
Autre duo inattendu, mais réussi, celui que la Galerie Laurentin (Bruxelles et Paris) propose entre deux artistes de générations différentes : l’un est membres historiques de CoBrA, le sculpteur belge Reinhoud (1928-2007), avec ses figures animalières (de 3 500 à 12 000 euros) ; l’autre est le Français Lionel Sabatté. Ce dernier s’est lancé tout récemment, et avec bonheur, dans la céramique avec une dizaine de petites silhouettes pachydermiques appelées « Les Mouthes » (à 7 500 euros).

Ceramic Brussels 2026, stand de la Galerie Judith Andreae dédié à Janis Löhrer. © Geoffrey Fritsch
Il s’agit là d’un des stands les plus réussis, à la scénographie aussi épurée qu’équilibrée. Ce n’est malheureusement pas le cas de tous les stands dont certains évoquent davantage une boutique de design où s’alignent des objets décoratifs interchangeables. C’est sans doute le seul point faible de cette édition, qui s’est en revanche largement améliorée dans le domaine de l’accueil de ses visiteurs, avec un chaleureux espace de restauration, de rencontres et de conférences, ainsi qu’un ensemble de librairies spécialisées dans le domaine.
Le Prix du best solo show a été attribué à la galerie milanaise SECCI pour les figures totémiques de Kevin Francis Gray (Irlande du Nord), tandis que celui du meilleur stand est allé à la Galerie Judith Andreae (Bonn) pour l’installation du jeune artiste allemand Janis Löher, avec sa salle de douche, sa robinetterie et son linge, tous plus vrais que nature et pourtant matérialisés en céramique, comme un retour saisissant à l’hyperréalisme. Enfin, le Ceramic Brussels Art Prize est, lui, revenu à la Française Marie Pic.
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« Ceramic Brussels », jusqu’au 25 janvier 2026, site de Tour & Taxis, 3-5 rue Picard, 1000 Bruxelles, Belgique, www.ceramic.brussels




