« L’Afrique est ma maison. J’en ai un besoin viscéral », avait un jour déclaré Jean-Paul Blachère. C’est à Dakar, au Sénégal, dans sa chère Afrique, que s’est éteint dans la nuit du 24 décembre 2025 ce grand défenseur de l’art contemporain africain. Précisément au moment où son entreprise familiale, Blachère Illumination, éclairait les rues européennes de lumières de Noël. Il était âgé de 75 ans. Ses obsèques auront lieu demain, 8 janvier 2026, à la cathédrale Sainte-Anne d’Apt, dans le Luberon.
À 33 ans, Jean-Paul Blachère est victime d’un accident de voiture, qui lui paralysera les jambes à vie. Sa « renaissance » aura lieu au Burkina Faso, lors d’un safari. Il tombe amoureux de l’Afrique, qui l’aide à se relever de cet accident, et il multiplie les voyages à travers le continent.
En 2003, il découvre à Lille une rétrospective de l’art contemporain africain, pour lequel il se prend de passion. La même année, il lance la Fondation Blachère, dévolue à la mise en lumière de la scène contemporaine du continent africain. L’année suivante, la Fondation inaugure son centre d’art dans la zone industrielle d’Apt, juste à côté des locaux de Blachère Illumination. En 2023, elle déménage dans l’ancienne gare de Bonnieux, toujours dans le Luberon.
Depuis, la Fondation accueille chaque année une quinzaine d’artistes en résidence, dans ses locaux de Bonnieux ou à Ngaparou, au Sénégal. En tout, plus de 450 artistes auront bénéficié de ces séjours, à la suite desquels la Fondation acquiert certaines de leurs œuvres. Celles-ci viennent ainsi enrichir une collection totalisant à ce jour près de 2 000 pièces. Actuellement, la Fondation Blachère accueille en résidence le Béninois Remi Samuz, l’Angolaise Ana Silva et le Sénégalais Aliou Diack.
Chaque année, deux expositions sont également organisées, soit plus de 48 présentées depuis la création de la Fondation. Jusqu’au 16 mars 2026 y est ainsi présentée « Sinon j’oublie », réunissant 36 artistes.
Lorsque Jean-Paul Blachère se prend de passion l’art contemporain africain, il est encore trop peu visible sur la scène européenne. L’entrepreneur aura largement participé à sa mise en valeur, devenant l’un des tout premiers mécènes européens du domaine. Blachère Illumination, sur Instagram, a salué le départ d’un homme qui « aura consacré sa vie à illuminer nos villes et nos villages » – ajoutons qu’il aura également su braquer les projecteurs sur l’art contemporain africain.
