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À Tokyo, le Mori Art Museum se penche sur l’écologie

L’exposition, organisée dans le cadre des 20 ans du musée, comprend notamment des œuvres de Pierre Huyghe ou Jef Geys.

Anna Sansom
13 février 2024
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Vue de l’exposition « Our Ecology: Toward a Planetary Living », Mori Art Museum, Tokyo. Photo : Kioku Keizo

Vue de l’exposition « Our Ecology: Toward a Planetary Living », Mori Art Museum, Tokyo. Photo : Kioku Keizo

Lorsque le Mori Art Museum a ouvert ses portes au 53e étage de la tour Mori à Tokyo en 2003, son inauguration était emblématique de la coexistence de la culture, des magasins de luxe, des restaurants et de bureaux dans un même bâtiment à usage mixte. Située dans le quartier aisé de Roppongi Hills, qui s’est développé dans les années 1990, la tour de 54 étages a été l’une des précurseures d’une tendance qui a proliféré en Asie, en Europe et ailleurs dans le monde.

Le musée fête cette année son 20e anniversaire avec une exposition sur l’écologie rassemblant une centaine d’œuvres de 34 artistes japonais et internationaux. Intitulé « Our Ecology : Towards a Planetary Living » (Notre écologie : vers une vie planétaire), l’exposition aborde des problématiques mondiales et locales de grande envergure, notamment l’impact d’une croissance économique fulgurante sur le Japon de l’après-guerre.

Le parcours s’ouvre avec une installation de l’artiste suédoise Nina Canell, Muscle Memory (7 Tons)(2022). Conçue initialement pour la Berlinische Galerie, en Allemagne, elle se compose de coquilles de mollusques marins qui tapissent le sol d’une salle que les visiteurs sont invités à parcourir en écrasant lesdits coquillages. L’œuvre renvoie à la manière dont ce matériau organique est utilisé pour fabriquer du béton, très répandu dans l’industrie de la construction. L’œuvre figure dans le premier chapitre de l’exposition intitulé « All is Connected ».

Le deuxième chapitre, « Return to Earth – Art and Technology in Japan, 1950s-1980s », explore la façon dont les artistes japonais se sont interrogés sur les catastrophes naturelles d’après-guerre, la pollution industrielle et les déchets radioactifs. Le tableau de Yuki Katsura Man and Fish (1954), dépeignant un visage terrifié dans un tourbillon au-dessus d’un bateau de pêche pollué, s’attarde sur les tests nucléaires effectués par les États-Unis sur l’atoll de Bikini, dans l’archipel des Marshall, dans l’océan Pacifique.

Vue de l’exposition « Our Ecology: Toward a Planetary Living », Mori Art Museum, Tokyo. Photo : Kioku Keizo

Un peu plus loin, est présentée la sculpture de Tadashi Tonoshiki Yamaguchi-Nihonkai-Niinohama, Okonomiyaki (1987), réalisée à partir de débris marins fondus. Avec l’aide de plus de cent bénévoles, l’artiste a d’abord collecté en une seule journée des déchets plastiques sur une plage de la préfecture de Yamaguchi. Il a ensuite jeté le tout dans un trou creusé pour l’occasion, l’a aspergé d’huile, puis l’a hissé hors de la cavité une fois le plastique fondu et refroidi. L’œuvre rappelle aussi la mort de son propre père tué par une bombe atomique alors que l’artiste n’avait que 3 ans.

Dans le troisième chapitre, « The Great Acceleration », des pièces questionnent l’impact de la science et de la technologie sur l’environnement. Dans une salle bleue se trouvent cinq sphères suspendues, gigantesques, aux couleurs nacrées brillantes. L’allure de cette installation intitulée The Disturbance(2023) de l’artiste koweïtienne Monira Al Qadiri ne doit pas faire oublier son inspiration géopolitique : avant que le pétrole ne devienne la principale source de croissance financière de la région du Golfe, historiquement l’économie de la région reposait sur l’extraction de perles naturelles, qui a été supplantée par les perles de culture du Japon.

L’installation vidéo saisissante de Julian Charrière Controlled Burn (2022) est présentée dans une autre salle. Décrite par l’artiste comme un « voyage cosmique à travers les temps profonds », l’œuvre a été réalisée avec l’aide d’un drone. Des feux d’artifice crépitent au-dessus des grues des bâtiments. Alors que le ciel implose, on voit des mines de charbon à ciel ouvert, des plateformes pétrolières et des tours de refroidissement. L’œuvre est une méditation sur l’avenir, après la fin des combustibles fossiles.

Plus loin, le quatrième chapitre, « The Future is Within Us », défend la manière dont l’humanité est responsable de l’avenir. Plusieurs commandes sont exposées, dont Fire !!!!!!! (2023) de Kate Newby, artiste néo-zélandaise. Coproduite avec la Fondation d’entreprise Hermès (qui dispose d’un espace d’exposition à Tokyo), l’installation est composée d’un revêtement en terrazzo réalisé à partir de matériaux trouvés dans les quartiers de Roppongi et Ginza, dans la capitale japonaise.

Akane Saijo, artiste basée à Kyoto, propose une relation plus intime entre l’homme et les matériaux dans ses sculptures en céramique. Ainsi, Orchard (2022) est une pièce arborescente ponctuée de grands trous gris ; lorsqu’un visiteur souffle dans les formes creuses, un son est généré. Des sons émanent également de sa sculpture aux teintes vertes Wetlands (2022).

Ian Cheng, Thousand Lives, 2023. Courtesy Pilar Corrias et Gladstone Gallery. Photo : Andrea Rossetti

Une touche d’humour ponctue l’exposition avec Thousand Lives (2023) de l’artiste américain Ian Cheng. Ce nouveau travail de simulation suit une tortue de compagnie dénommée Thousand. Son existence étant régie par l’intelligence artificielle, Thousand doit apprendre à vivre dans l’appartement de son propriétaire. L’œuvre nous sensibilise au rôle de l’intelligence artificielle dans le futur de la planète.

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« Our Ecology : Towards a Planetary Living », jusqu’au 31 mars 2024, Mori Art Museum, Roppongi Hills Mori Tower, Tokyo

ExpositionsArt et écologieArt et transition écologiqueMori Art MuseumJaponJulian Charrière
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