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La Galerie Chevalier va se séparer aux enchères de ses chefs-d’œuvre anciens

Le 10 octobre prochain, la Maison Giquello dispersera le fonds ancien de la Galerie Chevalier, soit 115 lots. C’est une page qui se tourne pour cette enseigne spécialisée dans la tapisserie qui fut dirigée par Nicole de Pazzis-Chevalier et Dominique Chevalier. Cinq questions à Amélie-Margot Chevalier.

Propos recueillis par Carole Blumenfeld
7 juillet 2023
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La galerie Chevalier Parsua, à Paris. Photo : Vincent Thibert

La galerie Chevalier Parsua, à Paris. Photo : Vincent Thibert

Pourquoi avez-vous pris la décision radicale de vendre le fonds ancien de la Galerie Chevalier ?

Vous imaginez bien que la tapisserie ancienne est dans l’ADN de la galerie, et même de la famille puisque mon arrière-grand-père, restaurateur, a été le premier à ouvrir la voie dans laquelle mes parents [Nicole de Pazzis-Chevalier et Dominique Chevalier] ont excellé. Pour durer, il faut savoir s’adapter, et les temps changent. Les chefs-d’œuvre que mes parents ont pu découvrir pendant quatre décennies se raréfient et notre clientèle est plus portée vers des œuvres modernes et contemporaines. Ma sœur, Céline Letessier, et moi-même sommes passionnées par nos échanges avec des designers de notre génération.

En quoi justement les nouvelles préoccupations liées aux arts du textile se font-elles ressentir dans la création contemporaine ?

Le côté artisanal des pratiques textiles, souvent associé au « travail de dame », « travail à l’aiguille »…, a pendant trop longtemps mis de côté des œuvres de premiers plans, par méconnaissance, snobisme ou machisme même !

L’exposition « Decorum »,au musée d’Art moderne de Paris, en 2013, il y a 10 ans maintenant, montrait que le monde de l’art contemporain français avait pris conscience que la création textile était une pratique à part entière et pas seulement du « Craft »,gros mot à l’époque pour certains ! Avec la mise en valeur, la redécouverte d’artistes femmes, pionnières, comme Sophie Taeuber-Arp ou plus proche de nous comme Sheila Hicks, pour ne citer que des « grands » noms, la planète art s’est affolée. Aujourd’hui, il n’y a pas une galerie d’art contemporain qui ne présente pas au moins un ou une artiste « textile ». C’est désormais rentré dans les mœurs, c’est la norme et c’est tant mieux.

Chez les jeunes diplômés des écoles d’art, le textile est bien présent, assumé, voire revendiqué, ce qui n’était pas forcément le cas il y a 15 ou 20 ans, ou en tout cas pas de manière si massive et si systématique.

Au cours des dix dernières années, quelles sont les nouvelles tendances qui se sont dessinées en matière de décoration ?

Depuis dix ans, nous remarquons que nous avons de plus en plus de demandes de prêt de tapisseries modernes, contemporaines, et même de tapisseries anciennes pour des shootings de grandes revues de décoration mais également pour des shootings de mode ou encore pour des événements prestigieux toujours autour de la décoration ou de la mode…

Quant au tapis, il suffit de voir le nombre d’enseignes qui ont fleuri ces dix dernières années pour être convaincu que le tapis d’édition a le vent en poupe… Comme le disait Edgar Allan Poe en 1840, « le tapis, c’est l’âme de la maison ! »

Peut-on considérer que nous assistons à une démocratisation de la tapisserie ?

C’est évident que nous assistons à un retour en force de la tapisserie, c’est la French Touch de la décoration. On ne peut pas ouvrir un magazine de déco sans tomber sur des œuvres textiles ou des objets textiles détournés, type canapé recouvert de tissu impression verdure ancienne, etc.

On voit des imprimés sur toile (donc de la tapisserie mécanique) des années 1950, on voit aussi des créations qui utilisent des techniques telles que le tufté pour faire des panneaux textiles en volume, ou encore le retour du macramé dans des décors signés de grands noms de la décoration… et qui feraient hurler ma grand-mère si elle était encore là !

La tapisserie est bien de retour et pas seulement pour orner les murs des châteaux !

Dans la vente du 10 octobre, il est justement étonnant de découvrir une large gamme d’œuvres destinées à différentes bourses.

Non, ce n’est pas étonnant, nous avons toujours eu la volonté de présenter à la galerie des pièces de qualité et dans une large gamme de prix. Nous n’avons jamais véritablement communiqué sur ce sujet mais les initiés, les connaisseurs, les collectionneurs le savent.Et on ne peut pas faire vivre une galerie uniquement avec des pièces à plus de 50 000 euros.C’est d’ailleurs une richesse, car grâce à cela, nous avons rencontré des collectionneurs éclairés qui n’ont pas forcément des budgets illimités mais avec qui nous avons eu des échanges passionnants.

--

Exposition d’avant-vente des pièces du 5 septembre au 29 septembre 2023 à la galerie Chevalier, 25 rue de Bourgogne, 75007 Paris

Marché de l'artEnchèresDrouotGiquello & AssociésGalerie ChevalierAmélie-Margot ChevalierSheila HicksTapisserieSophie Taeuber-Arp
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