La jeune génération cherche de nouveaux modèles, moins lourds et plus innovants. Ainsi de Sprezzatura [mot italien se traduisant par « élégance désinvolte »], le nom pour le moins original de la nouvelle maison de ventes aux enchères lancée cet automne à Paris. Sa première vacation aura lieu ce lundi 28 septembre 2026 au sein de la Galerie Guillaume, rue de Penthièvre, au cœur du Triangle d’Or parisien, fief dynamique du second marché. Le cœur de la vente : un ensemble de peintures de Maurice Denis provenant de la famille de l’artiste, un joli coup pour démarrer l’activité, à des estimations souvent inférieures à 50 000 euros.
« Notre ligne est l’art impressionniste et moderne et le XXe siècle, avec pour objectif le décloisonnement des spécialités, le dialogue arts anciens et contemporains », confie le commissaire-priseur Loïc Imberti, passé par plusieurs grandes maisons de ventes, et par une entreprise d’ingénierie culturelle. La vente du 28 septembre comprend ainsi du design ou de l’art aborigène contemporain…

Le commissaire-priseur Loïc Imberti et le galeriste Guillaume Sébastien, associés de la nouvelle maison de ventes Sprezzatura. Photo D.R.
Comment se faire une place sur un marché déjà encombré ? « Nous misons sur l’hybridité, en transposant à une maison de ventes aux enchères certaines exigences propres aux galeries, comme un meilleur accompagnement des collectionneurs. Nous organisons des dîners privés, et contextualisons les œuvres, notamment à travers des conférences avec les spécialistes, des artistes ou des ayants droit », explique le commissaire-priseur. Une conversation entre l’artiste Romain Bernini et Fabienne Stahl, conservatrice du musée départemental Maurice Denis à Saint-Germain-en-Laye, a ainsi été organisée ce 24 septembre. La nouvelle maison de ventes s’appuie également sur la plateforme Drouot.com, « acteur incontournable pour drainer des acheteurs tant en France qu’à l’international », ajoute-t-il. Enfin, des temps d’exposition des lots d’une dizaine de jours permettent un meilleur accès aux œuvres que la plupart des accrochages de ce type, plus courts, dans d’autres maisons de ventes.
Tandis que les sociétés de ventes cèdent de plus en plus d’œuvres de gré à gré, les galeries peuvent de leur côté organiser des enchères, en s’associant à un commissaire-priseur. « D’ordinaire, galeries et maisons de ventes se regardent en chien de faïence », souligne le commissaire-priseur, associé ici au galeriste Guillaume Sébastien, qui a célébré récemment les 20 ans de son enseigne d’art contemporain. « Beaucoup de collectionneurs d’art contemporain s’intéressent de plus en plus à l’art ancien », observe Loïc Imberti, lui-même issu de ce dernier domaine. « Pour chaque vente, il y aura un angle thématique particulier », annonce-t-il. Les vacations resteront resserrées, entre 80 et 120 lots.
![Maurice Denis, Marthe devant la fenêtre (esquisse pour Temps gris sur l’île [version 1]), 1894 , mine de plomb et pastel sur papier collé sur carton. Estimé 25 000 à 35 000 euros. Courtesy Sprezzatura](https://cdn.sanity.io/images/e1i1ex1t/production/045cd8fdac7eed378698c258da87da09174fefa8-432x365.png?w=1200&h=1014&q=85&fit=crop&auto=format)



