Une tombe vieille d’environ 3 000 ans a été mise au jour sur la rive occidentale de Louxor, en Égypte. Les archéologues espèrent que son étude permettra de mieux connaître la vie des habitants de l’ancienne Thèbes.
La sépulture date de l’époque ramesside, période majeure de l’histoire de l’Égypte antique qui couvre les XIXe et XXe dynasties du Nouvel Empire, entre environ 1292 et 1077 avant notre ère.
La mission archéologique néerlandaise dirigée par Karina van den Hoeven, de l’université de Leyde, a découvert la tombe et ses peintures murales aux couleurs encore vives au cours de sa campagne de fouilles actuelle dans le secteur de Cheikh Abd el-Gournah.
Selon Hicham al-Leithi, secrétaire général du Conseil suprême des antiquités égyptiennes, le site se trouve à l’est d’une nécropole où l’équipe mène des recherches depuis 2018. Les inscriptions retrouvées dans la tombe indiquent qu’elle appartenait à un homme nommé Paser. Sa localisation laisse penser qu’il pourrait avoir été prêtre ou avoir occupé une haute fonction.
Les peintures représentent Paser adorant plusieurs divinités installées dans des sanctuaires. Une autre scène le montre aux côtés de son épouse, devant une table chargée d’offrandes destinées aux dieux. Sa femme tient un sistre, un instrument de percussion rituel de l’Égypte antique, « ce qui laisse supposer qu’elle portait peut-être le titre de chanteuse du temple », explique l’égyptologue Steve Harvey à The Art Newspaper.
Ces scènes « ne sont pas uniques, mais constituent d’importants exemples de la peinture funéraire de l’époque ramesside, qui pourront être comparés à d’autres décors conservés dans la nécropole thébaine », ajoute-t-il.
Selon Hicham al-Leithi, l’équipe poursuivra la documentation de la nécropole afin d’identifier les personnes qui y ont été inhumées et de « déterminer leur personnalité ». La consolidation et la restauration des peintures murales doivent débuter cet automne, a précisé Karina van den Hoeven dans un communiqué.
Mohamed Abdel-Badie, responsable du département des Antiquités égyptiennes, souligne que le plan de la sépulture correspond au modèle habituel des tombes individuelles de Thèbes au Nouvel Empire. Celle-ci comprend une cour à ciel ouvert, une chapelle rupestre en forme de T, ainsi que des chambres funéraires souterraines.
La cour conserve plusieurs éléments architecturaux en bon état, notamment des murs en briques crues associés à une stèle funéraire. Un escalier, bordé de rampes de part et d’autre, conduit à l’entrée de la tombe.

Vue des peintures murales de la tombe. Courtesy du ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités
« Les travaux de conservation et de nettoyage révéleront sans aucun doute de nouveaux détails dans ces scènes, qui sont essentiels à la poursuite des recherches », explique Steve Harvey à The Art Newspaper. Paser étant un nom relativement répandu parmi les élites thébaines de cette époque, il sera notamment nécessaire de déterminer « le rang et le statut de cet individu, ainsi que ses liens avec les propriétaires des tombes voisines », ajoute l’égyptologue.
Inscrite sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco en 1979, l’ancienne Thèbes fut pendant de longues périodes la capitale religieuse de l’Égypte, notamment sous le Moyen et le Nouvel Empire. Le site s’étend sur les deux rives du Nil : à l’est se trouvent l’ancienne ville ainsi que les temples de Karnak et de Louxor ; à l’ouest, une vaste nécropole réunit des tombes privées et royales, parmi lesquelles le temple funéraire de la reine Hatchepsout.




