Née à Athènes en 1926, Eleni Glykatzi-Ahrweiler, engagée dans la résistance durant la Seconde Guerre mondiale, étudie à l’université d’Athènes avant de s’installer en France en 1953. À Paris, elle rencontre Jacques Ahrweiler (1918-2010), son futur mari, officier de la Marine nationale. Chercheuse puis maître de recherches au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à partir de 1955, elle devient professeure à la Sorbonne en 1967, après avoir consacré sa thèse de doctorat à Byzance et la mer (Paris, PUF, 1966).
Directrice du département d’histoire et présidente de la commission de la recherche de la faculté des lettres de l’université de la Sorbonne (1969-1970), elle a été professeure invitée à l’université Harvard (1973-1974) aux États-Unis et docteure honoris causa de nombreuses universités, de Londres à New York. Proche de Simone de Beauvoir, Louis Aragon, Pablo Picasso ou Françoise Sagan, elle a en outre été ambassadrice de bonne volonté de l’Unicef.
En 1982, François Mitterrand, président de la République, la nomme rectrice de l’académie de Paris, chancelier des universités de Paris. Eleni Glykatzi-Ahrweiler devient ainsi la première femme à occuper l’un des postes les plus prestigieux de l’Éducation nationale.
Spécialiste des études byzantines, auteure d’ouvrages devenus des références, elle fut également présidente du Centre Pompidou, succédant à Jean Maheu durant un mandat de deux ans et demi jusqu’en août 1991, alors atteinte par la limite d’âge de 65 ans. Eleni Glykatzi-Ahrweiler est décédée ce 16 février à l’âge de 99 ans.
Konstantinos Tasoulas, le président grec, a rendu hommage à celle « qui a illuminé par son travail la dimension intemporelle de l’identité grecque » et a « contribué de manière décisive à la reconnaissance internationale de Byzance comme pilier fondamental de la civilisation européenne ». L’historienne s’est engagée publiquement pour la restitution à la Grèce des frises du Parthénon, actuellement conservées au British Museum à Londres.
« C’est avec une profonde tristesse que le Centre Pompidou a appris le décès d’Hélène Ahrweiler, a salué l’établissement culturel parisien. Grande universitaire, historienne reconnue, première femme rectrice de l’académie de Paris, première présidente de la Sorbonne, elle présida notre institution de 1989 à 1991. Nous saluons une grande figure du savoir et de la culture. Le Centre adresse ses plus sincères condoléances à sa famille et ses proches. »




