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Un mois de février très photographique en Belgique

Si le PhotoBrussels Festival constitue la manifestation phare du moment, d’autres expositions d’envergure ou de niche se tiennent dans la capitale belge, mais aussi à Liège, Charleroi et Anvers.

Bernard Marcelis
13 février 2026
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Lee Shulman, USA, 1950. © Lee Shulman/The Anonymous Project

Lee Shulman, USA, 1950. © Lee Shulman/The Anonymous Project

Alors que le PhotoBrussels Festival, qui célèbre son 10e anniversaire, reste généraliste en n’imposant aucune thématique, ce n’est pas le cas du Hangar, le lieu qui le porte depuis ses débuts. Pour cette édition, ce sont les notions de foyer et de familles qui sont mises en avant par celui-ci, avec une double exposition. La première, « The House – The Anonymous Project », est due à Lee Shulman, une des révélations des Rencontres d’Arles en 2019. Une maison est reconstituée au rez-de-chaussée du Hangar, sous la forme d’une installation immersive rendant hommage à la photographie vernaculaire, et plus particulièrement celle des années 1950-1960 laissant transparaître la nostalgie d’une vie quotidienne synonyme de progrès, notamment au moyen de la consommation. La seconde, « Family Stories », en écho à la première, rassemble sept photographes contemporains (dont Deanna Dikeman, Cristóbal Ascencio ou encore Alma Haser) qui interrogent leur identité ou leurs histoires de familles. Il s’agit le plus souvent de mises en scène dévoilant la sphère intime et prenant la forme de narrations elliptiques, à la fois sensibles et forcément introspectives.

Un mouvement collectif

Ce ne sont pas moins de cinquante lieux qui offrent leurs espaces à la photographie sous toutes ses formes. Outre le Hangar, deux institutions privées d’importance font partie intégrante de l’événement : la Fondation A d’Astrid Ullens de Schooten Whettnall (dont un aperçu de son vaste corpus a été montré aux Rencontres d’Arles en 2024) et Cloud Seven, créé par le très actif collectionneur Frédéric de Goldschmidt. Ces deux propositions sont en partie basées sur leur collection personnelle. La première offre, sous le titre « RePose ExPose CounterPose », une rétrospective de la Péruvienne Tarrah Krajnak. Celle-ci explore, pour mieux les détourner ou les mettre en cause, l’identité, la mémoire et les archives de l’histoire de l’art et de la photographie. La seconde, intitulée « (Not) All is Gold », s’avère plus postconceptuelle que photographique. Ses protagonistes se penchent sur les notions fluctuantes de valeur intrinsèque ou de création de valeur dans l’art contemporain, qu’elle soit factice ou non. D’autres œuvres interrogent l’économie du marché de l’art, y compris les stratégies des artistes pour assurer leur survie.

Parmi les monographies à ne pas manquer, notons « Homesick New York » de Michael Ackerman à la box galerie (jusqu’au 14 mars). Ses images, prises à différentes périodes, s’attardent avec tendresse sur les anonymes et les laissés-pour-compte. La galerie Eric Mouchet fait découvrir un autre New York, plus transgressif, avec l’exposition « Leather and SM Underground » de Robert Mapplethorpe. Ses clichés issus du Portfolio X, réalisé en 1978, ont rarement été montrés à l’époque, car jugés trop explicites. Cette période précoce est pourtant fondatrice de sa démarche, le photographe imposant très vite « son regard charnel, frontal, mais d’une rigueur formelle absolue », selon les mots de la galerie. L’Amstellodamoise Fontana, installée depuis 2025 à Bruxelles, présente « Making Nature », la série la plus récente du photographe hollandais Ruud van Empel, faite de tension entre le plausible et l’impossible sur fond de luxuriants paysages forestiers.

Les rares enseignes et espaces consacrés exclusivement à la photographie sont bien entendu de la partie, principalement avec des solo shows. Ainsi Philippe Braquenier est à découvrir chez Contretype ( jusqu’au 22 mars), Katherine Longly à L’Enfant Sauvage ( jusqu’au 15 mars), Sophie Zénon à la Lee-Bauwens Gallery, Pixy Liao chez Stieglitz 19, Delphine d’Elia et Monya Ghabantani à la Tiny Gallery, tandis que Dolorès Marat est à l’honneur au Studio Baxton ( jusqu’au 8 mars). Une douzaine d’enseignes d’art situées dans le Building Rivoli participent également à l’événement (Berlin Brussels Art Projects, Entry Gallery, Klotzshows, Lage Egal, Frédérick Mouraux Gallery, Plagiarama, Michèle Schoonjans Gallery, Schönfeld Gallery, JAP/Vitrine « Entre deux portes », Vue Gallery, Zwart Huis) ainsi que l’Anversoise In-Dependance by Ibasho invitée chez Hopstreet. Ce passage atypique mais fédérateur se pose comme l’un des hubs du festival.

Quelques galeries d’art de renom s’ouvrent par ailleurs à la discipline le temps du festival. Parmi les adresses à retenir, citons les franco-belges Modesti Perdriolle, qui met en avant l’ethnophotographe indien K.R. Sunil, et La Forest Divonne, laquelle accroche les clichés de cuves à vin du photographe vigneron Jean-Bernard Métais. Sont à noter également les expositions de Roman Moriceau (chez Archiraar), Guðný Rósa Ingimarsdóttir (Irène Laub), Frederik Vercruysse (Spazio Nobile, jusqu’au 8 mars), tandis que Nosbaum Reding offre une visibilité à la scène photographique luxembourgeoise avec le group show « Zone de contact » ( jusqu’au 7 mars).

Premier bilan d'une décennie

À la question de savoir ce qui a marqué ces dix ans, Delphine Dumont, la directrice du Hangar, répond : « Ce que je retiens essentiellement, c’est l’émergence d’une nouvelle scène photographique belge, alors qu’il n’y avait au départ presque rien à Bruxelles, à l’exception de la box galerie et Contretype. » « Ainsi, sur près de 150 artistes présents à cette édition, plus de la moitié sont belges et les trois quarts d’entre eux résident en Belgique, poursuit-elle. Cette présence remarquable illustre la scène photographique locale et la diversité des acteurs qui la composent. Nous avons réussi à embarquer avec nous de nombreux lieux défendant cette scène belge, car ils sont conscients de son importance. » « Tout cela a été très progressif, et je pense que les fondations du festival sont désormais solides, mais je reste modeste et humble. L’événement grandira encore en 2027 », promet-elle.

Pour conclure, Delphine Dumont explique que : « C’est tout cela qui a amené le Hangar à ouvrir [en 2025] un véritable espace pour promouvoir et soutenir la jeune création, tant en Belgique qu’ailleurs. La galerie a ainsi participé à des foires comme Paris Photo ou la Luxembourg Art Week, en attendant de se rendre à Unseen Photo/Art Rotterdam [du 26 au 29] mars. »

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« PhotoBrussels Festival », du 22 janvier au 21 février 2026, divers lieux en Belgique.

« The House – The Anonymous Projec by Lee Shulman » et « Family Stories », du 23 janvier au 17 mai 2026, Le Hangar, place du Châtelain 18, 1050 Bruxelles.

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