Un an après son retour à la Maison-Blanche, c’est peu de dire que Donald Trump a impacté l’état du monde et celui des États-Unis. Peu avare en menaces, des taxes à l’importation à l’annexion du Groenland – quand il ne piétine pas le droit international en kidnappant le président du Venezuela –, le Républicain n’hésite pas à utiliser la force au sein même de son pays. Les morts provoqués notamment par des agents de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) déployés massivement à Minneapolis dans le cadre d’une intensification des opérations d’application des lois sur l’immigration ont été suivis de vastes manifestations citoyennes de protestation. Vendredi 30 janvier, de nombreuses entreprises et structures sont restées fermées en signe d’opposition à cette politique et à ses dramatiques conséquences. Le milieu de l’art a été particulièrement actif, puisque de nombreuses galeries, des plus importantes aux structures émergentes, ont participé à ce « shutdown ». Mais, si les enseignes se sont mobilisées après les événements de Minneapolis, rares sont les artistes visuels de premier plan à s’être publiquement exprimés, comme la figure de l’art politique Dread Scott ou le collectif Forensic Architecture. Cela révèle bien l’état de la société aujourd’hui dans ce berceau de la démocratie.
La question de l’engagement de l’artiste est justement en ce moment au centre de la stimulante exposition « Tout est politique ! » à la Fondation Francès à Clichy (jusqu’au 21 février 2026). Sur les 800 m2 du parcours réunissant des artistes de différents pays, apparaît une vision de l’Amérique loin du mouvement MAGA (Make America Great Again) lancé par Donald Trump et repris par ses partisans. Aussi, Estelle Francès, présidente de la fondation, voit retranscrite en Black Flag « l’idée de l’effondrement de l’histoire, du rêve américain, à travers cette œuvre de Robert Longo, qui vient brûler ce drapeau. Ce dernier devient vraiment un trou noir, un symbole de lutte politique et sociale. Ici, c’est vraiment le signe de l’Amérique qui s’effondre ». L’œuvre date de 1999. Un autre siècle.





